3ème correction du Rhône : l’UDC seule pour défendre les terres agricoles
Mardi matin, il ne s’est trouvé que 12 députés, au Grand Conseil, dont la totalité des élus UDC, pour dire NON à un projet d’acquisition de terrains dont chacun comprend pourtant qu’elle n’a de sens que dans l’hypothèse d’un élargissement du lit du Rhône, variante – coûteuse – du projet officiel R3 et surtout variante la plus gourmande en terres agricoles. L’UDC, aujourd’hui, est ainsi la seule force politique qui défend encore les terres agricoles dans ce canton.
Voici en quels termes le député Albert Pitteloud est intervenu au nom du groupe UDC :
L’achat de terrains industriels ou agricoles est directement lié, pour la plupart des surfaces concernées, à satisfaire les besoins de l’élargissement du Rhône. Rappelons que cette variante est devisée à 2.6 milliards de francs, et que sa réalisation s’étendra sur une quarantaine d’années, prolongeant d’autant l’insécurité.
Pour imposer leur point de vue, les responsables R3 ont invoqué, durant plus de cinq ans, l’obligation légale d’élargir le Rhône pour améliorer la sécurité. Les juristes de l’ADSA, de la députation, et de l’administration de l’Etat se sont penchés avec attention sur la législation existante et n’ont pas trouvé trace de cette prétendue contrainte juridique invoquée par les responsables R3. La solution approfondissement étudiée à la demande des communes riveraines, par un bureau spécialisé en hydraulique – pour le parcours Chippis – Martigny – respecte pleinement les critères de sécurité et de durabilité.
Pendant longtemps les responsables PA-R3 ont prétendu que la solution élargissement était sans problème pour la nappe alors que l’EAWAG mettait clairement en évidence les risques de l’élargissement pour les ressources d’eau potable et interdisait l’élargissement du Rhône sur les secteurs d’exploitation de ces sources. Le cas de Fully est révélateur en la matière. A Charrat, lors de la séance avec les députés de l’alliance de gauche, le chef de projet Tony Arborino, pressé de questions par MM. Jacky Dorsaz et le Dr Pascal Tissières, a reconnu que le problème de la gestion de la nappe n’était pas résolu.
Approfondir le lit du Rhône d’une moyenne de 80 cm sur le parcours Chippis – Martigny n’aurait qu’une influence négligeable sur la nappe phréatique,du fait que l’on respecte les mêmes sections du fleuve et les perméabilités actuelles du Rhône d’une épaisseur de trois à cinq mètres.
Affirmer que le département de l’Environnement doit imposer l’élargissement du Rhône, faute de quoi le projet ne serait pas subsidié par la Confédération, est faux et mensonger puisque des travaux importants sur des rivières telles que la Reuss,la Thur, et l’Engelberger AA par exemple, ont été réalisés pratiquement sans aucun élargissement et ont bénéficié d’une aide financière maximum. La différence que pourrait invoquer le service de l’Environnement, quant au choix des variantes, est de 3 à 5% au maximum. Il va sans dire que ce manque à gagner est largement compensé par l’adoption d’une variante qui serait trois fois moins coûteuse, l’approfondissement.
En conclusion, les responsables R3 ont abusé en toute impunité, durant plus de 5 ans, les COREPIL, la Commission des Constructions et les autorités politiques. Aujourd’hui, la demande du Conseil d’Etat de soutenir le projet officiel R3, équivaut à délivrer un diplôme de bonne conduite à ceux qui nous ont trompés.
En conséquence et au vu des carences graves du projet officiel aux niveaux sécuritaire, économique et environnemental, le groupe UDC accède néanmoins à la demande du Conseil d’Etat, à la condition qu’il s’engage préalablement et irrévocablement, devant le parlement, à procéder, dans le mois à venir à la comparaison des solutions approfondissement et élargissement en présences des deux parties et, si nécessaire, en recourant à une expertise extérieure neutre. La comparaison nécessite 6 mois environ et non pas deux ou trois ans comme avancé par les responsables R3. L’objectif de cette comparaison est de disposer d’un concept réalisable dans des délais et à un coût acceptables, et applicables sur l’ensemble du parcours du Rhône.
En refusant la comparaison, le Conseil d’Etat engage sa responsabilité politique, civile et pénale en vertu du principe de précaution.
Et si ici, aujourd’hui, devant nous, le Conseil d’Etat, par la voix du Chef du département, M. Melly, ne prend pas l’engagement formel que nous lui demandons, alors le groupe UDC refusera d’entrer en matière sur ce projet.
Le Conseiller d’Etat melly ayant refusé de prendre l’engagement demandé, le groupe UDC a donc voté NON à ce projet.











