Alpiq nous ni…!
Alpiq, le groupe électrique actif dans 30 pays qui réalise quelque 700 millions de bénéfice chaque année, et dont le quart du capital se trouve en mains françaises, souhaite à présent développer son réseau en Valais. En fait, essentiellement pour pouvoir spéculer sur les variations du prix de l’électricité intraday en Europe. Une bonne nouvelle a priori, si ce n’est d’une part que les profits dégagés par cette activité quitteront le Valais à la même vitesse que le courant électrique, et que, d’autre part, ce développement s’effectuera au détriment des intérêts et de la santé de la population valaisanne.
En effet, plutôt que d’enterrer la ligne électrique à très haute tension rejoignant Chamoson à Chippis, Alpiq propose de construire une magnifique haie de pylônes de 90m de haut, portant une douzaine de gros câbles chacun, au motif, peut-être, qu’il nous manque un étendage pour la promotion touristique du Valais Central ? Pire, les champs magnétiques générés par ces lignes électriques sont cancérigènes. Une récente étude scientifique anglo-saxonne aboutit d’ailleurs à un risque relatif de 1,69 pour les leucémies chez les enfants dont le domicile de naissance est situé à moins de 200m d’une ligne à très haute tension. Et, une fois la ligne installée, qui vérifiera que seuls 400KV transitent par la ligne, au-dessus de nos têtes blondes, et non pas 500KV aux heures de pointes, lorsque les enfants se trouvent justement à la maison?
L’association de sauvegarde du coteau valaisan (ASCV) a proposé, par ingénieurs interposés, une solution alternative consistant à enterrer lesdites lignes. Il semblerait toutefois que nos dirigeants, pour d’obscures raisons, refusent le nouvel éclairage proposé – leur aurait-on coupé le courant? Idem en ce qui concerne le WWF – la protection de la santé des vers de terre aurait-elle aux yeux du WWF davantage d’importance que celle des humains? A défaut, pourquoi la ligne passant par le Haut-Valais ou par le bois de Finges serait-elle enterrée, tandis que celle passant à proximité du village d’Aproz et de ses deux campings ou sur le coteau de Salins ne le serait pas?
En résumé, avec Alpiq, le Valais réalise un sacré deal, puisqu’il exporte électricité et profits, et importe nuisances et dangers pour la santé de ses habitants. Il convient donc d’enterrer cette ligne au plus vite, au propre comme au figuré!
Patrick Fournier, membre du comité exécutif UDCVR, Aproz











