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Vous avez dit séparation des pouvoirs?

D’aucuns ont évoqué une violation du devoir de réserve et du principe de la séparation des pou-voirs lorsque des juges ont fait savoir, sous couvert de l’anonymat, leur désapprobation face à la décision de Mme Waeber-Kalbermatten de suspendre l’exécution de la peine de 5 ans et 8 mois de réclusion infligée à Bernard Rappaz pour, entre autres, violation grave de la loi sur les stupéfiants et blanchiment d’argent. Et voici maintenant que la Cheffe du Département de la sécurité, à la radio, pose la question d’une sévérité éventuellement excessive des peines prononcées en matière de chanvre par les tribunaux valaisans en général et dans le cas de Rappaz en particulier.

On croit rêver.

Si, vraiment, elle a voulu dire cela, Mme Waeber-Kalbermatten est allée très clairement au-delà de sa sphère de compétence. En effet, comme cheffe du département en charge de l’exécution des peines et des établissements pénitentiaires, elle a des tâches strictement limitées à l’exécution des peines prononcées par les tribunaux de ce canton. Mais elle ne saurait les remettre en cause, surtout pas dans un cas particulier et surtout pas en ce qui concerne la quotité d’une peine qui, faut-il le rappeler, a été confirmée par le Tribunal fédéral lui-même.

Mme Waeber-Kalbermatten a déjà suscité le doute au sujet de sa détermination en ordonnant ou en acceptant le transfert de Rappaz dans un hôpital de Berne où, semble-t-il, elle espère que les méde-cins prendront d’office, si l’état de santé du gréviste de la faim s’aggrave encore, des mesures qu’elle avait pourtant annoncé qu’elle n’ordonnerait pas. N’avait-elle pourtant pas déclaré, de manière fort opportune et par ailleurs conforme à la loi, que si Rappaz voulait mourir, elle le laisserait mourir?

En sortant de sa sphère de compétence, la Cheffe du Département de la sécurité ne fait qu’ajouter à cette confusion qui, à l’évidence (c’est même peu dire), ne renforce pas sa position.

Pour l’UDC, chacun, dans cette affaire, doit rester à sa place.

Quant à celle de Rappaz, trafiquant de drogue et criminel de droit commun, sa place est et demeure en prison, là où nous osons espérer que Mme Waeber-Kalbermatten aura le courage de le maintenir, jusqu’au bout s’il le faut.

Groupe UDC
Jean-Luc Addor
Chef de groupe