L’”appel du climat” – Un combat perdu d’avance
L’«Appel du climat» exhorte les candidats au Conseil national et au Conseil des Etats de s’engager après les élections à soutenir une initiative en faveur d’une loi qui obligerait la Suisse à partir de 2010 à réduire de 3% par an ses émissions de CO2. Cet appel n’a pour l’instant été signé que par des membres du PS, des Verts et du Parti Evangélique. C’est un exemple de plus de la stratégie inepte des milieux de gauche, qui fixe des objectifs et demande des mesures non seulement irréalistes mais qui de plus se contredisent. Je ne pense pas là uniquement à l’introduction récurrente de nouvelles assurances sociales et de nouvelles tâches pour l’Etat – sans que quiconque se soucie de leur financement – mais également à la politique climatique.
Ceux qui veulent combattre les émissions de CO2 alors même qu’ils s’opposent aux travaux d’agrandissement de la centrale hydraulique de la Grimsel, sont aussi peu crédibles que ceux qui lors de la dernière session se sont engagés en faveur de la construction d’usines à gaz (produisant du CO2) dans le seul but d’empêcher la construction de nouvelles centrales nucléaires (exemptes de CO2) – et qui aujourd’hui signent l’«Appel du climat». Ce sont les mêmes qui soutiennent la construction de logements par l’Etat, mais qui d’autre part s’élèvent contre l’extension du potentiel constructible dans les régions rurales (assouplissement de la loi sur l’aménagement du territoire), tout en déplorant le gaspillage de terres agricoles. Ce sont encore eux qui sont en faveur de l’introduction de péages urbains (road-pricing), de taxes toujours plus élevées sur les émissions de CO2 et de prix des carburants astronomiques, faisant de la mobilité un privilège de nantis, alors qu’ils affirment œuvrer par leur politique en faveur des plus faibles et des défavorisés. Les citoyens qui soutiennent par leur vote ce type de politique ne le font ni par égard pour l’environnement, ni dans un souci de développement durable, mais pour des raisons purement idéologiques.
Or le thème de l’environnement est trop sérieux pour être abandonné aux mains des idéologues. Les ressources étant par définition limitées, il faut empoigner le problème à l’échelle mondiale. Pour assurer un développement durable à notre pays, les aspects économiques, écologiques et sociaux de l’activité humaine doivent être pris en considération. La Suisse compte déjà parmi les pays les plus impliqués dans la protection de l’environnement et du climat. Aucun pays au monde ne dégage aussi peu d’émissions de gaz à effet de serre par habitant ou proportionnellement au PIB que la Suisse. Notre pays est responsable d’environ un pour mille des émissions globales de la planète, et il peut aider efficacement à atteindre les objectifs globaux en aidant à financer des mesures de protection du climat dans les pays émergents ou en voie de développement. Car c’est dans ces pays qu’aura lieu la plus forte augmentation des émissions ces prochaines années, mais c’est là aussi que les coûts pour les combattre sont 10 à 20 fois plus faibles qu’en Suisse.
Cela ne nous exempte bien évidemment pas en tant qu’individus d’utiliser autant que possible les transports en commun, de réduire la température de nos logements, d’assainir nos bâtiments ou de faire réviser nos installations de chauffage. Nous le devons à nos enfants. Mais pour ce faire, nous n’avons certainement pas besoin de la médecine de cheval préconisée par les idéologues de gauche; juste d’un peu de responsabilité individuelle et de vision. Deux qualités que nous possédons!
(C) Hanruedi Wandfluh, conseiller national (BE), Service de presse UDC Suisse 17.09.2007











