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NON à une loi “soviétique”

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Dès le début 2012, les traitements dispensés dans les hôpitaux seront rémunérés sur la base de forfaits par cas (les cas étant classés par groupes de patients apparentés par diagnostic). S’ensuivront une adaptation de la planification hospitalière et un remaniement des listes d’hôpitaux. Ces innovations ne manqueront pas d’occasionner des changements fondamentaux dans le secteur suisse de la santé. On vient de le voir, en Valais, avec les cliniques du Haut-Plateau dont le statut, on l’espère, n’est pas définitivement réglé (pour ne pas dire liquidé…).

En Valais, cette petite révolution ne manquera pas de causer des problèmes importants. En effet, avec 97% des soins hospitaliers, le RSV, c’est-à-dire l’Etat (propriétaire des établissements), dispose d’un quasi monopole. On peut donc craindre légitimement que comme il l’a toujours fait, il favorise son propre réseau au détriment du peu qui existe ou qui pourra subsister d’établissements privés, cela au détriment des patients, du personnel soignant et d’une gestion économique des deniers publics (impôts et primes d’assurance-maladie).

Dans ce sens, l’UDC est très inquiète de la teneur de certaines dispositions de la LEIS, analogues à celles qu’une clinique privée tessinoise a osé contester au TF pour violation de la LAMal, qui permettront à l’Etat de s’immiscer sans nécessité dans la gestion des établissements privés (alors que le seul contrôle réellement nécessaire, sauf pour les adeptes d’une étatisation rampante, devrait porter sur l’affectation des subventions dont les fonctionnaires du Département ont tellement peur qu’elles finissent dans les poches des actionnaires des cliniques). Car lorsque l’Etat construit des routes, à grands frais, demande-t-il les budgets et les comptes des entreprises mandatées?

Cette ingérence étatique, au demeurant fort surprenante de la part d’un gouvernement (à commencer par le chef du département de la santé) qui se dit libéral et qui, en réalité, paraît s’être donné pour tâche de poursuivre l’œuvre du socialiste Burgener et du tout-puissant Dr Dupuis, ne peut que tuer l’esprit d’entreprise et développer une médecine fonctionnarisée, centrée sur le respect des horaires et de la qualité de vie du personnel au détriment, bien souvent, de la qualité et de la continuité des soins, c’est-à-dire au détriment des patients.

Le résultat d’une telle politique, les Valaisannes et les Valaisans le connaissent, eux qui n’ont qu’à payer et à se résoudre à être trimbalés d’un hôpital à l’autre : ce sont une série de dysfonctionnements, parfois graves, mis en lumière par l’audit que le Grand Conseil, avec l’appui de l’UDC, a dû imposer au Gouvernement et à M. Tornay qui n’en voulaient pas.

L’Etat ne peut intervenir à la fois comme régulateur et comme fournisseur de prestations. Chaque fois que cela est possible, il doit au contraire laisser le soin à des entités privées de fournir les prestations de santé. C’est ainsi et ainsi seulement qu’il peut assumer sa tâche essentielle : rester l’arbitre entre les différents prestataires de soins.

Si l’UDC s’oppose à la LEIS, c’est ainsi, notamment, parce qu’elle s’oppose ainsi à cette conception erronée du rôle de l’Etat qui, par un dirigisme inacceptable et par ailleurs inefficace, prive les acteurs de la santé de la possibilité de s’organiser par eux-mêmes.

Au passage, cet étatisme ne peut que maintenir et même renforcer le système presque “soviétique” qui prévaut actuellement et qui permet à une poignée de fonctionnaires et de bureaucrates de régner quasiment sans partage sur nos hôpitaux et de décider de la vie ou de la mort professionnelle de ceux, médecins, infirmières et autres, qui auraient le malheur de ne pas trouver merveilleux le fonctionnement d’un système qui, depuis des années, a pourtant provoqué tant de mécontentement au sein de la population. Car la concurrence ne permet pas seulement d’espérer des prestations aussi économiques que possible; elle donne aussi au personnel soignant une liberté dont trop d’affaires, hélas, ont montré à quel point elle est dans l’intérêt des patients.

Les lois élaborées par des technocrates, les Valaisannes et les Valaisans ont su, par le passé, ce qu’il fallait en faire. E 2000 et surtout la loi sur le tourisme ne sont pas des souvenirs lointains. Cette LEIS étatiste, presque “soviétique”, ne mérite pas un meilleur sort le 23 octobre.

Bruno Perroud
Député suppléant
Savièse


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