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Silence, on bétonne !

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Par la faute de la majorité qui ne voulait pas d’une vraie session spéciale, l’après-midi consacrée par le Grand Conseil aux interventions sur la santé a été un coup pour rien : débat inexistant, unanimité de façade des groupes politiques, monologue du chef du département, pas l’ombre d’une mesure ni d’une décision annoncée. Maurice Tornay, imperturbable, garde la ligne qui lui a valu la claque du 23 octobre. Silence, on bétonne !

Malgré le désaveu cinglant que les Valaisans ont infligé à la politique menée depuis des années et que poursuit malheureusement M. Tornay après son prédécesseur socialiste, qu’est-ce qui a changé depuis le 23 octobre ? Quelles mesures, quelles décisions ont été prises ? Juste trois démissions au conseil d’administration du RSV. C’est tout. Ce n’est pas beaucoup. Pas assez, surtout, car après un tel échec, les Valaisans attendent plus.

En l’absence d’autres réactions des caciques du RSV dont l’audit et la Justice, après tant d’autres, ont dénoncé l’incompétence, que fait le Gouvernement ? Que fait, au premier chef, M. Tornay, en charge de la santé ?

Plus de 8 mois après la mise à pied de l’ancienne cheffe de la radio-oncologie (après 10 ans de dysfonctionnements), M. Tornay nous annonce que son poste sera mis en concours (ne parlons même pas de nommer un successeur) à la fin décembre ou même en janvier 2012 (on pourrait presque dire à Pâques ou à la Trinité), et encore seulement dans une revue médicale suisse (alors que les spécialistes s’accordent à juger nécessaire un recrutement aussi à l’étranger).

La Justice reconnaît qu’il y avait, au département de chirurgie du CHCVs, un état de nécessité (le mot est fort, tout de même) justifiant les démarches injustement reprochées au professeur Savioz. Qu’en dit M. Tornay ? Il se réfère au rapport d’audit, c’est-à-dire à l’avis d’experts… qui n’ont pas analysé les dossiers en cause. Très rassurant, en effet !

Le fameux rapport d’expertise de ces dossiers reste l’un des secrets les mieux gardés de l’Etat. Ce qu’on savait déjà, c’est que les experts avaient disposé de trop peu de temps pour réaliser un travail sérieux, de surcroît sur la base de dossiers incomplets. Nous avons aujourd’hui, en sus, la confirmation de ce que ce rapport, portant sur pas moins de 49 dossiers, tient en 8 pages dont 3 seulement d’analyses et de conclusions. Belle concision ! Et que penser de la rémunération des experts ? 3’500 francs pour deux professeurs d’université, que voilà un tarif avantageux ! Le comble maintenant : ces experts ont même renoncé à cet argent de poche en faveur d’une association de soutien aux jeunes chirurgiens ! Et c’est avec un tel document qu’en mars 2010, M. Tornay a cru pouvoir rassurer les Valaisans, sans parler du poids que ce rapport n’a pas pu manquer d’avoir dans le scandaleux licenciement du professeur Savioz.

Et l’affaire Clavien, où M. Tornay cherche même à justifier des méthodes antidémocratiques, pour ne pas dire illégales consistant à essayer d’empêcher un citoyen dénonçant des dysfonctionnements d’en parler à ceux (les parlementaires) dont c’est la fonction, dans une saine démocratie, de contrôler le bon fonctionnement des institutions ? Loin de présenter l’ombre d’une excuse, voici que M. Tornay tente même de minimiser la portée des courriers qu’il signe comme chef du département. On croit rêver.

Quant à de véritables changements à la tête du RSV, les Valaisans devront attendre. Aucune mesure à l’horizon. Tout au plus une multiplication de comités de pilotages, groupes de projets et autres commissions, bref la quintessence de ce qu’on fait, dans ce pays, quand on ne veut rien changer. Pire même : ceux-là mêmes à qui l’audit à donné des notes en-dessous de la moyenne, les responsables des dysfonctionnements révélés par la Justice, ce sont ces gens que M. Tornay place à des postes-clés, là où l’on doit préparer l’avenir de nos hôpitaux. Le chef du département ne tire ainsi aucune leçon de son échec du 23 octobre. On prend les mêmes et on recommence, en somme.

Combien de temps encore va-t-on continuer à se moquer ainsi des Valaisans ? Ceux-ci devront-ils attendre mars 2013 avant de pouvoir dire à nouveau ce qu’ils pensent de cette politique ?

UDC du Valais romand
Oskar Freysinger, Président
Jérôme Desmeules, Secrétaire général
Jean-Luc Addor, Chef du groupe UDC


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