Hôpital Riviera-Chablais : la position de l’UDC

Le Grand Conseil était saisi ce matin d’un projet de décision concernant le cautionnement de la part de l’Etat du Valais au financement de l’Hôpital Riviera-Chablais, à Rennaz. Voici en quels termes Bruno Perroud, député suppléant de Savièse, s’est exprimé au nom du groupe UDC :

Le projet de décision portant sur le cautionnement de l’Etat du Valais pour le financement de l’emprunt bancaire de plus de 73 millions de francs pour financer la construction de l’Hôpital Riviera-Chablais, sur le site de Rennaz, est attendu depuis longtemps. C’est l’aboutissement d’une vingtaine d’études qui, sur les 20 dernières années, ont coûté près de 20 millions. Au passage, on peut s’étonner qu’en autant de temps et avec autant d’argent, on n’a jamais demandé aucune étude sur l’impact que cet immense hôpital tout neuf aura sur le système hospitalier valaisan, voire sur l’économie valaisanne (car les hôpitaux sont parmi les plus gros employeurs du canton). Y aura-t-il en particulier un exode des patients valaisans, voire des médecins et du personnel hospitalier ?

Dans ce contexte, l’hôpital de Rennaz, dont le coût total est estimé à 320 millions de francs, desservira principalement une population d’environ 175’000 habitants (dont 40’000 Valaisans) avec une capacité maximale de 362 lits, soit quasiment le double de l’hôpital de Sion qui, lui, dessert une population de 200’000 habitants.

Sous cet angle, on peut se poser la question de savoir si cet hôpital n’est pas surdimensionné.

Mais au moins, il permettra de satisfaire l’aspiration – légitime – des Chablaisiens à disposer, enfin, d’un hôpital moderne de soins aigus. Et pour cela, je le dis clairement, l’UDC, au point où nous en sommes, entre en matière sur ce projet.

On nous permettra quand même d’avoir quelques soucis et de poser quelques questions.

Tout d’abord, de fait, dans cet hôpital situé en terre vaudoise, les Vaudois, qui assumeront la plus grande part du coût de cet hôpital, auront, c’est compréhensible, la majorité dans les organes dirigeants. Si nous ne voulons pas nous faire commander par les Vaudois, il faudra donc que les représentants valaisans soient particulièrement vigilants, en particulier lorsqu’il s’agira de nommer des cadres, médecins et autres.

Autre sujet d’inquiétude : si cet hôpital est peut-être surdimensionné, on ne peut pas en dire autant des parkings prévus : 470 places pour le personnel et 200 places seulement pour les visiteurs, soit 670 places en tout pour un établissement d’une capacité potentielle de 360 lits. En comparaison, l’hôpital de Sion, lui, pour une capacité de 204 lits (presque la moitié moins que Rennaz), dispose de près de 700 places (la moitié pour le personnel et l’autre moitié pour les visiteurs). A Rennaz, avec des parkings ainsi sous-dimensionnés, les patients valaisans, de par la géographie, seront les premiers pénalisés. Nous demandons donc au Conseil d’Etat de prendre les mesures nécessaires pour assurer une meilleure desserte de cet hôpital, que ce soit en voiture ou par les transports publics.

L’UDC demande également au Conseil d’Etat de se donner les moyens, le cas échéant en mandatant une entreprise spécialisée, pour assurer un suivi rigoureux du chantier et éviter ainsi des dépassements de crédits.

Mais l’enjeu le plus important, avec ce projet, un enjeu cantonal, c’est de savoir quel sera l’avenir des autres hôpitaux de soins aigus du canton, dans le Haut-Valais et à Sion.

Car l’UDC, je l’ai déjà dit et je le répète, considère que les Chablaisiens ont droit à un hôpital moderne de soins aigus. Mais dans l’intérêt général, pour l’unité cantonale aussi, nous voulons que les ressources disponibles soient affectées équitablement entre les régions hospitalières. Nous n’accepterons pas que l’on oublie les 270’000 Valaisans qui habitent hors du Chablais.

Dans ce sens, tout le monde sait que l’hôpital de Sion, qui, il faut le rappeler, a été construit, il y a plus de 30 ans, d’abord, comme son nom l’indiquait, pour les trois districts de Sion, Hérens et Conthey, a besoin non seulement d’un sérieux rafraîchissement, mais aussi d’un agrandissement. Ce n’est qu’ainsi, en effet, qu’il pourra jouer le rôle que lui attribue la loi en vigueur : regrouper, pour tout le canton, les disciplines médicales de pointe. Cet hôpital cantonal (ou central, si ce terme fait peur à certains), qui devra se donner les moyens du bilinguisme qui caractérise notre canton, les experts français qui ont audité nos hôpitaux l’ont eux aussi appelé de leurs vœux en parlant d’un centre de recours cantonal. C’est aussi ce que demande le postulat « pour un hôpital cantonal en Valais » que nous traiterons tout à l’heure. Pour atteindre cet objectif, il faudra des moyens, comme pour Rennaz.

Il en ira de même dans le Haut-Valais, où nos amis haut-valaisans ont droit, eux aussi, à un hôpital moderne de soins aigus et où ils ont droit, eux aussi, à ce que l’Etat du Valais prévoie les moyens nécessaires.

Pour revenir à ce projet – nécessaire – d’hôpital central qui ne peut être que sur le site actuel de Sion, il est encore important de relever que l’enjeu dépasse le cadre de la médecine hospitalière. L’enjeu, c’est aussi la synergie avec les projets de campus et avec celui que le Gouvernement a annoncé tout récemment de collaboration avec l’EPFL. A l’heure ou l’économie locale s’essouffle, ces projets novateurs permettront de positionner le Valais comme un canton leader dans des domaines tels que la formation et la médecine de pointe. Ils nous permettront d’attirer chez nous du personnel qualifié, notamment des médecins. C’est dire que l’enjeu n’est pas seulement médical et hospitalier, mais aussi économique, pour tout le canton (car ce qui ne se ferait pas à Sion ne se ferait pas du tout, ni à Sion ni ailleurs en Valais, mais en dehors du Valais).

Pour revenir au projet qui nous est soumis maintenant et qui ne constitue que l’une des pièces du puzzle du système hospitalier valaisan, le groupe UDC entre en matière. Mais avant de décider de sa position finale, il demande au Conseil d’Etat de donner des informations et des garanties précises (nous ne nous satisferons pas de flou) sur les points suivants :

- quels montants seront nécessaires pour garantir un hôpital moderne de soins aigus dans le Haut-Valais ?
- quels montants seront nécessaires pour rénover l’hôpital de Sion et surtout pour l’agrandir et pour en faire ce centre de recours cantonal (appelé de leurs vœux par les experts français) qui doit pouvoir regrouper sur un site unique et bilingue les disciplines médicales de pointe ?
- le Gouvernement peut-il garantir que les montants nécessaires seront mis à disposition et qu’ils le seront à temps ?
quand les travaux nécessaires, en particulier ceux qui doivent faire de l’hôpital de Sion ce centre de recours cantonal, pourront-ils être achevés ?


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