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La neutralité, un facteur de sécurité pour la Suisse

Nos élites ne croient plus à la neutralité comme facteur de sécurité pour notre Pays. Ce n’est hélas pas nouveau. Le phénomène connaît pourtant, depuis la guerre en Ukraine, une accélération inquiétante qu’il s’agit de stopper.

Sans remonter plus loin encore, on n’oublie pas qu’il a fallu l’UDC – et le peuple, en 1992, pour empêcher l’adhésion à l’Espace économique européen. Mais ce ne fut que partie remise.

En 1996, la Suisse adhérait au Partenariat pour la Paix, sous-produit de l’OTAN, qui n’est elle-même qu’un outil de projection de la puissance américaine dans le monde et de sujétion des pays d’Europe. Ce fut ensuite l’adhésion à l’ONU en 2002, avec à la clé, en 2023–2024, la présidence du (parfois) très belliqueux Conseil de Sécurité.

Mais depuis quatre ans que dure la guerre en Ukraine, nous assistons à ce qu’il faut bien appeler un bradage de notre neutralité, pan par pan, au point qu’il n’en restera bientôt plus que le souvenir dans les livres d’histoire.

On peut parler des sanctions contre la Russie : plutôt que de se limiter à éviter que notre pays ne soit utilisé pour les contourner, voici que le Conseil fédéral a cru devoir se transformer en premier de classe de l’Union européenne et de l’OTAN, avec comme unique résultat… aucun impact sur le conflit, mais un autogoal historique, une baisse spectaculaire du pouvoir d’achat des Suisses.

Ainsi réduite au rang de protagoniste du conflit, la Suisse a perdu toute crédibilité aux yeux de la Russie pour mettre ses bons offices au service de la paix. L’inutile sommet du Bürgenstock, auquel nous n’avions même pas invité la Russie, n’a rien arrangé. Tout au plus, depuis qu’avec notre Ministre des affaires étrangères, la Suisse assume cette année la présidence de l’OSCE, voyons-nous quelques lueurs avec enfin, il y a peu, un contact de haut niveau avec les autorités russes.

Pensons aussi à la dérive européiste et atlantiste concrétisée par diverses adhésions intervenues à la barbe et parfois même contre la volonté du Parlement : PESCO, European Sky Shield Initiative et j’en passe.

Pensons enfin et surtout à ce traité colonial de soumission que nous avions fait sortir par la porte et que le Conseil fédéral veut faire rentrer par la fenêtre.

Ça suffit !

La neutralité, perpétuelle et armée, n’est pas une vieille idole qu’on encense par habitude. C’est un outil essentiel pour la sécurité de la Suisse, un principe de politique extérieure qui nous a préservé et nous préserve toujours d’aventures hasardeuses. Il est urgent d’y revenir, strictement, et pour cela de l’ancrer plus précisément qu’aujourd’hui dans notre Constitution fédérale. C’est le seul moyen d’éviter que l’on puisse impunément lui faire dire autre chose que ce que signifie son étymologie : si elle ne veut pas disparaître et se laisser fracasser entre les blocs qui, plus que jamais, s’affrontent, la Suisse doit avoir le courage de n’être ni d’un côté, ni de l’autre.

Pour cela, nous devons dire OUI à l’initiative sur la neutralité https://neutralite-oui.ch/ et rejeter un contre-projet qui enlèverait toute substance à la définition de cette neutralité à laquelle nous devons revenir.

Jean-Luc Addor
Conseiller national

Ce texte a servi de base à mon intervention au Conseil national

 

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