Participer
Article

Questions sur la neutralité

Nous publions ci-après deux questions qui ont été posées à notre Conseiller national Jean-Luc Addor – et les réponses de ce dernier – en lien avec l’initiative sur la neutralité :

  1. Si cette initiative était adoptée, la Suisse devrait-elle lever toutes les sanctions existantes à l’encontre de la Russie qui n’ont pas été décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU ?

Non, pas toutes. Le texte de l’initiative autorise d’éventuelles sanctions dans deux hypothèses – et deux seulement : d’une part les obligations de la Suisse à l’égard de l’ONU, d’autre part toutes les mesures visant à éviter le contournement des sanctions décidées par d’autres États. Les autres sanctions décidées contre la Russie sont contraires à notre neutralité et devraient effectivement être levées. Non pas pour faire quelque faveur que ce soit à quelque État que ce soit (car la Russie n’est pas seule visée par des sanctions), mais simplement en application de la neutralité au sens étymologique (le seul qui signifie quelque chose) : n’être ni d’un côté ni de l’autre dans un conflit.

C’est précisément là que le Conseil fédéral s’est fourvoyé. Plutôt que de se limiter à éviter que notre pays soit utilisé pour contourner les sanctions des autres, ce que la neutralité permettait et que nous avions mis en place en 2014, il a cru devoir se transformer en premier de classe de l’UE et de l’OTAN. Avec quel résultat ? Aucun impact sur le conflit, mais un autogoal historique pour les Suisses eux-mêmes. Ainsi réduite au rang de protagoniste d’une guerre qui n’est pas la sienne, la Suisse ne peut plus que difficilement mettre ses bons offices au service de la paix.

  1. La Suisse devrait-elle se retirer du programme « Partenariat pour la paix » de l’OTAN et renoncer aux exercices militaires conjoints avec les pays membres de l’OTAN ?

La question se pose effectivement pour le Partenariat pour la Paix, car le PPP lie la Suisse à l’OTAN, c’est-à-dire à une alliance militaire qui, disons-le, n’est d’ailleurs pas seulement défensive. L’otanisation rampante de notre politique de sécurité dure depuis des années, sans que le peuple suisse ait jamais été appelé à donner son avis.

Cela dit, à mon sens, l’initiative n’exclut pas des exercices militaires communs avec d’autres États, membres ou non de l’OTAN. Notre armée doit pouvoir s’entraîner, y compris avec d’autres. La ligne rouge est ailleurs : elle est franchie lorsque de tels exercices sont organisés sous les oripeaux de l’OTAN elle-même – ou de toute autre alliance militaire comme les structures de défense de l’UE.

La politique suisse doit servir les intérêts de la Suisse et des Suisses. Elle n’a pas à être dictée par des agendas fixés à Bruxelles ou à Washington.

partager l’article
en lire plus
Contact
UDC Valais romand
CP 1304
CH-1951 SION
Médias sociaux
Nous utilisons des cookies pour personnaliser le contenu et les publicités, proposer des fonctionnalités pour les médias sociaux et pour analyser l'accès à notre site. Nous fournissons également des informations sur l'utilisation de notre site Web à nos partenaires des médias sociaux, de la publicité et de l’analyse. Voir les détails
Je suis d'accord