Dans sa rubrique du « Walliser Bote » du 24 avril, Peter Bodenmann qualifie Mao Tsé-Toung – le pire génocidaire de l’histoire – de saint homme (stylite). Sanctifier ainsi un dictateur ayant 70 millions de victimes sur la conscience, il fallait oser !

S’en est-il suivi un tollé, une indignation publique générale ? Une sanction sociale ? Une condamnation par les médias et la politique ? Des lettres de lecteurs outragées ont elles submergé les rédactions ? Que nenni ! Le silence fut total, comme si le brave Peter avait, en déclarant la sainteté de Mao, exprimé quelque chose de banal et de parfaitement acceptable. Autant considérer la révolution culturelle comme le chef-d’œuvre du génie artistique humain !

Imaginez un seul instant qu’un politicien de droite eut écrit qu’Hitler était un visionnaire parce qu’il avait construit ses autoroutes plus vite que Jacques Melly l’A9 dans le haut Valais. Bodenmann, les médias et le monde culturel auraient hurlé au loup, au nazi, au facho et se seraient fait un devoir de demander la tête du scélérat.

Pourquoi Bodenmann, lui, peut-il tout se permettre ? Est-ce parce qu’il est de gauche et qu’il se prétend tolérant et ouvert ? Où alors, est-ce dû au fait que les crimes commis au nom du « Bien », c’est-à-dire du camp soi-disant « progressif et révolutionnaire », sont négligeables ? Y-a-t-il des victimes acceptables et d’autres qui ne le sont pas ? Gare à nous, si Bodenmann et ses « stylites » devaient, dans leur sainteté, prendre le pouvoir chez nous. La révolution culturelle de ces braves pèlerins risquerait d’éradiquer à tel point toutes les inégalités, que la surpopulation en Suisse serait résolue d’un seul coup. Pour le bien de tous. Sans privilèges.

Oskar Freysinger