par Mathias Delaloye, député, propriétaire encaveur, Ardon

A l’école, durant les cours de civisme on nous apprend qu’en Suisse, démocratie directe, c’est le peuple qui détient le pouvoir suprême. Cependant, le Conseil fédéral et le Parlement peinent à respecter la volonté populaire et ont pris l’habitude – inquiétante pour nos institutions – de dénaturer les choix démocratiques au moment de les transcrire dans une loi. L’initiative contre l’immigration de masse approuvée en 2014, ils ne l’ont tout simplement pas appliquée du tout. Cela en dit long sur l’emprise que l’Union européenne exerce sur notre pays. Nous avons la vague impression que finalement le peuple suisse est finalement moins important aux yeux de nos autorités que les dirigeants de l’UE.

Avec cette initiative, nous désirons rappeler aux autorités fédérales qu’en Suisse, c’est bel et bien le peuple qui décide.

Nous souhaitons reprendre le contrôle de l’immigration et réserver les places de travail aux Suisses avant d’aller chercher hors de nos frontières, notamment dans les professions universitaires. La libre circulation présente évidemment certains avantages pour l’économie suisse. Mais le revers de la médaille est un tribut bien trop lourd à payer. Ainsi, en raison de la concurrence avec la main d’œuvre étrangère, de plus en plus de nouveaux diplômés peinent à trouver une place sur le marché du travail. On leur reproche souvent un manque d’expérience professionnelle. Mais la réalité et bien plus sournoise : ils coûtent simplement trop cher par rapport à leurs voisins frontaliers ou étrangers.

Le cas le plus explicite est celui des métiers de la médecine. Numerus clausus… Nous refusons l’accès aux études de médecine à de nombreux étudiants suisses, soi-disant par manque de capacité d’accueil dans nos universités. Si le manque de places dans nos universités est réellement le problème, alors qu’attendons-nous pour investir dans ce sens afin de miser sur nos cerveaux suisses et étendre la formation à plus de monde? L’augmentation démographique de la population engendre des besoins supplémentaires de médecins. Pourtant, le nombre de diplômés en médecine a baissé de plus de 20 % en 20 ans. La conséquence ? Les hôpitaux embauchent une multitude de médecins étrangers. Que serions-nous devenus à l’heure du Covid si la France avait rappelé ses médecins sur ses terres ?

Voilà pourquoi, avec l’initiative de limitation, il faut appliquer vraiment le principe de la préférence nationale que le peuple a voulu en 2014.

Quelques mots au sujet de l’agriculture. Ce milieu, dont je fais partie, craint une pénurie de main d’œuvre. Il est vrai que les métiers de la terre ne sont guère attrayants pour les Suisses, ni par les conditions salariales ni en raison de la difficulté de la tâche. Cependant, plus d’un étudiant sur deux en agriculture n’en fait finalement pas son métier. La raison ? Trop souvent, un manque de postes vacants, car là aussi on préfère engager de la main d’œuvre étrangère meilleur marché plutôt qu’un Suisse formé.

Les nôtres d’abord… Ce mot d’ordre signifie entre autres qu’au lieu de recourir systématiquement à la main d’œuvre étrangère, le défi qui nous attend, c’est de former d’abord les nôtres en suffisance dans les professions dans lesquelles nous en avons besoin.