Le mariage est aujourd’hui conçu comme l’union d’un homme et d’une femme. Derrière cette institution humaine, il y a une réalité naturelle : un homme et une femme sont seuls à même de procréer ensemble naturellement. Remettre en cause ce principe fondateur de la famille, cellule de base de notre société, c’est une véritable révolution ; c’est toucher aux fondements chrétiens de notre civilisation, mais aussi et surtout à l’ordre naturel.

Réaffirmer ce principe n’a rien de discriminatoire. En effet, en droit suisse, depuis l’introduction du partenariat enregistré, les couples de même sexe bénéficient d’un statut qui, de fait, est presque identique au mariage et qui leur permet de vivre leur différence dans un cadre reconnu, y compris (depuis 2018) dans un domaine auquel on avait toujours dit qu’on ne toucherait jamais : celui de l’adoption (en l’état, certes « uniquement » de l’enfant du partenaire enregistré).

Au-delà des slogans de campagne, la question n’est pas de savoir si, à l’avenir, des couples qui ne sont pas formés d’un homme et d’une femme auront le droit de vivre ensemble. Ce droit, cette liberté, ils l’ont déjà. La question porte donc uniquement sur le cadre juridique que nous devons apporter – ou non – aux diverses formes d’unions.

Alors pourquoi le changement proposé (ou plutôt cette révolution) ?

Le combat du lobby LGBT a une portée avant tout idéologique. C’est une guerre de vocabulaire qui a pour objectif l’appropriation, au-delà d’un statut juridique dont les couples concernés bénéficient déjà, du terme même de « mariage ». Il y a toutefois dans cette revendication une contradiction insoluble : depuis toujours, les couples homosexuels (et les personnes qu’on désigne avec de plus en plus de lettres suivies d’un « + ») revendiquent leur droit à la différence ; celles et ceux qui ont toujours combattu pour la reconnaissance de leur différence, voici qu’aujourd’hui, ils revendiquent leur identité… L’autre contradiction, c’est également l’idée de traiter de manière identique des formes de vie dont chacun peut constater objectivement la différence.

Autre chose encore : l’accès des couples homosexuels à la procréation médicalement assistée (mais seulement des couples lesbiens / retour par la fenêtre de cette nature qu’on veut faire sortir par la porte ?). On a souvent entendu que c’était quand même une ligne rouge qu’on ne devait pas franchir. Eh bien, cette ligne rouge, le Parlement l’a franchie : deux femmes mariées l’une à l’autre pourraient être les parents exclusifs d’enfants conçus au moyen d’un don de sperme. Au prix d’un bouleversement complet des règles et des présomptions liées au mariage comme il est aujourd’hui, la filiation sera établie par le mariage de l’autre parent avec la mère. De plus, l’enfant conçu au moyen d’un don de sperme n’aura pas le droit de contester le lien de filiation avec la femme de sa mère. En clair, il n’aura plus de père, juste des parents interchangeables.

Ça aussi, c’est une révolution. Car l’homme peut bien changer les lois. Mais la nature, il ne la changera jamais. Jamais un Parlement ni même une votation populaire ne pourra enlever aux enfants de ces « mariages » l’idée que quelque part, il y a ou il y a eu leur père.

Nous dirons donc NON, le 26 septembre, au mariage pour tous.

Jean-Luc Addor
Conseiller national
Vice-président de l’UDC du Valais romand