Extrait de www.commentaires.com. ce texte du Conseiller national UDC Yves Nidegger, dàjé publié dans Le Nouvelliste :

La tempête de sable qui s’est levée simultanément aux quatre coins de l’univers arabo-musulman pèsera, positivement, il faut l’espérer, sur la façon dont celui-ci va prendre la place qui lui revient dans le monde multipolaire du XXIe siècle.

Pour l’heure et pour l’Europe, les premiers souffles de cette tempête montrent, à ceux qui en doutaient, que le traité de Dublin est un mirage. Une vue de l’esprit. Une fausse bonne idée: pour éviter la multiplication des demandes d’asile déposées concurremment par les mêmes candidats dans plusieurs Etats Schengen, le traité de Dublin impose au pays de première entrée de procéder aux enregistrements, à l’exclusion de tout autre, de traiter les demandes et au besoin d’expulser.

C’est donc à l’Italie que revenait la tâche de prendre les empreintes dactyloscopiques des 10 000 clandestins tunisiens de Lampedusa. Et de les introduire dans le fichier SIS. Très exposée aux migrations du Sud, on sait l’Italie réticente à remplir ses obligations (elle ne le fait d’ordinaire que pour un migrant sur cinq) de peur de voir les clandestins, dont beaucoup franchissent spontanément sa frontière nord dans les dix à quinze jours, leur être ensuite retournés par un partenaire européen pour y avoir été trouvés en situation irrégulière.

Dans le cas tunisien, l’Italie (qui n’a demandé des renforts FRONTEX que ce week-end) a tout simplement omis de procéder aux enregistrements. Se bornant à remettre aux 10 000 Tunisiens illégaux un document les invitant à quitter l’espace Schengen dans les trois mois. Beaucoup font route en ce moment vers le nord.

La France s’attend à en recevoir 4000.

Elle a immédiatement renforcé sa police aux frontières (gendarmerie et CRS): ses centres de rétention du sud-est sont pleins.

Et la Suisse? La Suisse applique les traités: elle persiste, alors que des milliers de clandestins s’égaillent dans le sud de l’espace Schengen, à procéder au contrôle systématique des touristes anglais qui se rendent dans les stations de ski.

Berne n’a pris aucune mesure aux frontières. Le Corps des gardes-frontière se refuse à toute communication.

De facto, de par la défection italienne, la frontière suisse est une frontière extérieure. Mais une frontière sans surveillance car, fidèles à leurs nouveaux maîtres, les gardes frontières suisses veillent arme au pied sur la seule partie non Schengen de nos aéroports.