par Jean-Luc Addor, conseiller national, vice-président de l’UDC du Valais romand, coordinateur de la campagne

En décembre 2016, le Parlement (sauf l’UDC bien sûr) a fait ce que mon professeur de droit constitutionnel a appelé, en toute simplicité, un coup d’Etat : il a sciemment refusé d’appliquer l’initiative pour l’immigration de masse, approuvée par le peuple en 2014 et devenue alors disposition constitutionnelle. Qui a fait ce coup pour le moins inquiétant pour nos institutions : une majorité assez suspecte de la gauche et du lobby mondialiste qui croit pouvoir représenter l’économie suisse (les mêmes, donc, que ceux qu’aujourd’hui, nous retrouvons en face de nous). Le motif ? La libre circulation présentée comme un dogme immuable et intouchable.

La libre circulation, parlons-en !

Depuis 2007 (13 ans) qu’elle déploie pleinement ses effets pour la Suisse, la population de notre pays a augmenté de près d’un million d’habitants. Et ce n’est certes pas parce que les Suisses font trop d’enfants, mais pour une unique raison : l’immigration. A terme, nous allons donc nous retrouver 10 millions dans ce petit pays dont ni le territoire ni les ressources ne sont indéfiniment extensibles. Nous vivons en réalité déjà une surpopulation qui constitue – et constituera toujours plus – la source d’importants problèmes sociaux, économiques et environnementaux. Et cette surpopulation, encore une fois, a une cause unique : l’immigration.

La surpopulation, qui nous amène à nous entasser toujours plus dans notre petit pays, a des effets néfastes dans le domaine du logement, des infrastructures et des transports, des écoles (avec des classes toujours plus grandes), de l’environnement (car la surpopulation augmente de façon décisive l’empreinte de l’homme sur notre milieu naturel), de l’emploi (concurrence exacerbée avec la main d’œuvre étrangère, notamment frontalière, dumping salarial), de la criminalité importée ou transfrontalière ou encore de notre système social (où certaines catégories d’étrangers sont largement majoritaires). L’augmentation constante de la population étrangère, que des naturalisations massives camouflent en partie, pose en outre des problèmes identitaires toujours plus aigus, avec la multiplication (notamment dans certaines classes ou dans certains quartiers) de situations dans lesquelles les Suisses se sentent presque étrangers dans leur propre pays, sans parler de ce sociologue d’origine étrangère qui imagine imposer aux Suisses l’obligation de suivre des cours d’intégration des étrangers.

Que propose le lobby mondialiste, suivi de manière incompréhensible par les syndicats (leur base, elle avait déjà donné un message clair en 2014…) ? Surtout ne rien faire, laisser les clés de la maison à l’Union européenne et laisser les travailleurs de ce pays presque sans protection face à une concurrence toujours plus grande de la main d’œuvre européenne, un appel d’air extraordinaire pour les travailleurs en provenance de cet ensemble de près de 450 millions d’habitants en plein processus d’appauvrissement.

Et nous, que proposons-nous ?

Nous proposons aux Suisses de réfléchir. Aux travailleurs de ce pays, nous proposons de se demander qui sont leurs véritables défenseurs et si les syndicats qui les livrent à la concurrence internationale défendent encore leurs intérêts. Aux seniors en concurrence avec une main d’œuvre étrangère (notamment frontalière) moins chère, nous proposons, plutôt que de croire aux chimères d’une prétendue rente-pont AVS qui les précipitera plus sûrement encore qu’aujourd’hui vers le chômage, nous proposons d’agir à la racine et de se battre avec nous pour préserver leur emploi ou pour en retrouver un plutôt que de finir leur vie active à la charge de la collectivité. A ceux qui croient que nous devons notre prospérité à la libre circulation, nous proposons de lire les études qui révèlent l’inverse et qu’on fait tout pour nous cacher. Aux entrepreneurs, aux agriculteurs et viticulteurs, aux acteurs du tourisme qui croient qu’une limitation de l’immigration les empêchera de trouver le personnel dont ils ont besoin, nous répondons qu’en restaurant des contingents adaptés aux besoins de notre économie (comme le demande l’art. 121a de la Constitution fédérale) avec lesquels la Suisse a pu devenir en son temps le pays prospère qu’elle est aujourd’hui, nous réduirons la quantité de la main d’œuvre étrangère pour miser sur sa qualité. A ceux pour qui le recours à la main d’œuvre étrangère est la solution de facilité lorsqu’ils cherchent du personnel, nous répondons que nous qu’avant d’embaucher les autres, nous devons d’abord former les nôtres. A ceux qui redoutent la dégradation de notre environnement, nous proposons de limiter l’empreinte de l’homme en réduisant la surpopulation et de se demander qui sont les vrais défenseurs de notre environnement. A ceux qui croient impossible de résister à l’Union européenne, nous proposons de suivre l’exemple des Britanniques, qui ont osé dire non à l’UE, qui ont osé remettre en question le dogme de la libre circulation et… qui n’en sont pas morts ni ne sont en train d’en mourir. Je pourrais continuer…

L’immigration n’est évidemment pas la cause de tous les maux. Mais agir dans ce domaine, ce qui implique de mieux contrôler nos frontières, c’est agir à la racine de beaucoup de problèmes et particulièrement de ceux, nombreux, qu’entraîne la surpopulation. N’oublions pas trop vite les leçons de la crise du COVID-19 : on avait presque oublié que le contrôle de nos frontières, c’est un facteur décisif de sécurité, surtout en zone frontalière (comme le Valais) et qu’il a même des vertus sanitaires lorsqu’il s’agit d’éviter que la libre circulation soit celle d’un virus.

Plus simplement, ce que nous proposons aux Suisses et aux Valaisans, c’est de reprendre les clés de notre maison et de s’engager pour les nôtres d’abord en votant OUI, le 27 septembre, à l’initiative de limitation de l’immigration.