La loi sur les soins palliatifs et l’encadrement de la pratique de l’assistance au suicide en institution sera soumise au vote le 27 novembre prochain. L’aspect le plus important du texte auquel les citoyens valaisans devront donner leur assentiment ou non est de savoir si toutes les institutions sanitaires doivent autoriser l’assistance au suicide dans leurs murs.

Les défenseurs du projet n’ont de cesse de répéter qu’il s’agit de liberté et d’égalité de traitement, or il n’en est rien !

Tout d’abord la loi fait la distinction entre les homes, qui seront contraints de tolérer l’assistance au suicide dans leur maison, et les autres établissements sanitaires qui accueillent par exemple des personnes handicapées, pour lesquels une exception est faite. La majorité des législateurs s’étant rendu compte elle-même que ces lieux de vie ne sont pas faits pour la mort. Néanmoins, les maisons de retraite, qui sont pourtant aussi des lieux de vie, y seront contraints. Première inégalité !

De plus, il est encore régulièrement mis en avant la liberté de choix de l’individu contre celle de l’institution. Pourtant, l’institution se compose également d’individus : personnel soignant, équipe d’animation, collaborateurs, direction, membres des conseils de fondation ou d’administration, etc. Ainsi c’est la liberté d’un individu contre celle de plusieurs qui semble avoir la priorité. Deuxième inégalité !

Enfin, les défenseurs de la pratique nous assurent qu’aucune pression ne peut influencer le choix de la personne désirant mettre fin à ses jours et que le geste ultime doit être réalisé par cette dernière. Ainsi, les personnes qui demeurent dans un pavillon psychogériatrique, celles qui ont perdu leur sens et les personnes handicapées gravement atteintes dans leur santé physique seront exclues de la pratique car elles ne pourront soit jamais en faire la demande soit jamais s’administrer la prise médicamenteuse. Troisième inégalité !

Le choix de mettre fin à ses jours est un choix personnel et, bien que regrettable, il appartient à la personne qui en a exprimé le souhait. En revanche, prétexter la liberté et l’égalité de traitement est un artifice rhétorique qui dissimule la vérité des blessures qu’une telle obligation va engendrer parmi les gens qui consacrent leur vie au service de plus vulnérables d’entre nous.

La situation actuelle permet déjà l’assistance au suicide et il n’est pas nécessaire de légiférer au-delà, tel que l’ont rappelé nos autorités fédérales en renonçant à rédiger une loi au niveau suisse. L’effort institutionnel doit quant à lui se poursuivre dans le développement des soins palliatifs.

L’UDC du Valais romand défend la vie et s’oppose à cette loi.

Cyrille Fauchère, député