Aujourd’hui, lors de la conférence de presse du comité romand contre la loi sur l’identité électronique, l’UDCVR a pu développer les arguments qui ont conduit notre parti à refuser ce projet :

Par Jérôme Desmeules, Secrétaire général de l’UDC Valais romand, Député et… professionnel de l’informatique.

Pour dissiper tout malentendu, l’identité électronique est une excellente chose, oui, nous en avons besoin, oui il nous faut renforcer la possibilité de solliciter des services et de contracter sur internet de manière sûre et vérifiable.

Mais…. Pas en la confiant à des privés.

Privatiser la gestion de notre identité,  c’est en faire une marchandise comme une autre et renoncer à notre souveraineté.

Je fais partie d’une formation politique qui est en général sensible au fait que nous gardions le contrôle sur notre démocratie et sur notre destin. L’identité officielle touche à notre sphère intime, on parle de la capacité de vous reconnaitre en tant que personne, en tant qu’être unique, semblable à aucun autre, en tant que membre de ce qui fait notre communauté nationale – citoyen suisse ou étranger titulaire d’un permis d’établissement  – Par essence, cela doit rester une tâche régalienne de l’Etat. Il serait impensable de confier ça, par exemple, à l’Union Européenne, mais pourtant le Parlement a jugé qu’il était potentiellement acceptable de confier ça à des privés. Dans le pire des cas, on pourrait imaginer que ce soit Google, Amazon ou Facebook.

Que nous resterait-il comme souveraineté si les données de plus de 8 millions de Suisses finissent dans les mains de sociétés qui ne sont pas réputées pour leur respect de la vie privée. Non seulement c’est un trésor commercial inestimable, qui permettra de connaitre tout, ou en tout cas beaucoup, sur notre comportement et nos habitudes. La tentation d’en avoir une utilisation abusive ou borderline sera immense. Mais en plus, on l’a vu, dans un sens et dans l’autre, ces données peuvent être utilisées pour établir des profils de votre personnalité, et vous influencer. Pour acheter, mais aussi pour former votre opinion, et vos votes.

Le projet du Parlement correspond à la vision à court terme où, pour le mirage d’un gain potentiel sur la mise en place opérationnelle du système, on choisit de sacrifier notre souveraineté et de transformer l’identité en produit commercial.

Avec mon parti, qui s’est prononcé à l’unanimité, nous disons non à cette loi.