Par Jean-Luc Addor, conseiller national, président ai de PROTELL

En 2005, durant la campagne de votation sur Schengen, les tireurs s’étaient inquiétés de ce que cet accord entraîne un durcissement de notre droit sur les armes. Pour arracher leur soutien, le Conseil fédéral les avait assuré que ces craintes étaient infondées. A peine plus de dix ans se sont écoulés. Et nous voyons déjà que nous avons été trompés. Car le durcissement redouté, il est là. Et sans une mobilisation sans précédent de la société civile, incarnée par les principales organisations de tireurs, de citoyens-soldats (dont l’ASSO), de collectionneurs et de chasseurs, qui ont réussi l’exploit de réunir plus de 125’000 signatures à l’appui du référendum, nous en serions réduits à avaler passivement cette couleuvre.

Disons d’abord que la reprise de la directive de l’UE sur les armes est inutile. En effet, il est notoire que tous les attentats qui ont servi de prétextes à son adoption ont été commis avec des armes déjà interdites ou acquises sur le marché noir. Le durcissement qu’on veut nous imposer ne touchera donc pas les terroristes, qui de toute manière se moquent des lois. Alors qui frappera-t-il ? Eh bien nous, les citoyens honnêtes respectueux de la loi, détenteurs d’armes légales ! C’est le comble de l’injustice, de l’arbitraire même : punir des gens qui n’ont rien fait !

Ces restrictions que l’UE veut imposer à nos libertés et à nos droits individuels, ils vont transformer en armes a priori interdites et soumettre à des conditions plus restrictives plus de 80% des armes avec lesquelles, tous les samedis, dans nos abbayes ou encore dans nos tirs historiques, nous tirons en toute sécurité sans menacer personne. Nous serons ainsi des centaines de milliers, près d’un million de citoyens normaux qui risquons d’être ainsi traités comme autant de criminels en puissance. Et c’en serait fini du tir comme sport populaire.

Pour couronner le tout, on foule aux pieds la volonté populaire. En 2011, les Suisses ont clairement refusé l’enregistrement rétroactif des armes. Et bien, ce que nous avons sorti par la porte, on veut le faire rentrer par la fenêtre. Et de quoi parlons-nous ? En gros, du mousqueton du papa ou du grand-papa, que des milliers de Suisses détiennent aujourd’hui en toute légalité même s’ils ne sont pas fichés pour cela.

Aujourd’hui, comme militaires libérés de nos obligations, nous devenons vraiment propriétaires du fusil que notre pays nous a confié le premier jour de notre école de recrues. A l’avenir, si nous nous laissons faire, nous n’en serons plus que de simples dépositaires ; et pour le transmettre à notre fils, il faudra une autorisation exceptionnelle. Par-là, c’est notre armée de milice qui est touchée au cœur.

Ce qui rend cette révision dangereuse pour nos libertés, c’est que ses effets, pas toujours perceptibles au départ (à part pour les armes très nombreuses équipées de magasins à soi-disant grande capacité), se déploieront sur la durée. Au fur et à mesure que les armes menacées d’interdiction changeront de détenteur, par exemple en cas de succession, les nouveaux détenteurs risqueront la confiscation sans indemnisation. Encore un comble au pays de la propriété privée !

Pour couronner le tout, cette funeste révision comporte un agenda caché : c’est l’article 17 de la directive UE. On y a dissimulé l’obligation, pour la Commission européenne, d’évaluer l’efficacité des mesures prises tous les 5 ans, la première fois… en 2020 déjà. On découvrira alors ce qu’on sait déjà : ce durcissement va rater sa cible. Viendront alors d’autres restrictions auxquelles nous avons jusqu’ici échappé : examen médical ou psychologique tous les 5 ans ou interdiction totale des armes semi-automatiques, entre autres. On s’en prendra aussi à ceux qui, comme les chasseurs, pensent être épargnés.

Vous ne voulez pas de ça ? Alors c’est maintenant qu’il faut dire STOP !

Pour garder nos droits et nos libertés ancestraux, notre armée de milice aussi, disons NON, le 19 mai, à la reprise de la directive UE sur les armes !