En juin, le Parlement fédéral a adopté un « train de mesures en faveur des médias » qui prévoit des subventions publiques de près de 300 millions de francs par année aux différents médias de notre pays. Même les portails en ligne doivent être soutenus ! Pour éviter les dangereuses dépendances que de tels flux financiers ne manqueraient pas de provoquer, l’UDC du Valais romand, à la suite du vote unanime du groupe UDC au Conseil national, soutient la campagne de récolte de signatures à l’appui du référendum qui a été lancé contre ce projet controversé.

Subventionner les médias est contraire aux principes d’un État libéral. La démocratie se construit en effet sur la libre expression des opinions. Pour cela, elle a besoin de médias indépendants en termes de contenu aussi bien que de financement. L’expérience montre que plus l’Etat contrôle et finance les médias, plus les libertés reculent. Cela montre à quel point la promotion étatique des médias est dangereuse.

Promotion indirecte des médias

La promotion indirecte des produits médiatiques existe déjà en Suisse. Une situation quelque peu douteuse d’un point de vue réglementaire, mais tolérée. Jusqu’à présent, la Confédération soutenait les journaux sur abonnement ainsi que les publications des clubs et des associations en réduisant les coûts de livraison. Une contribution de 50 millions de francs qui doit maintenant être portée à 120 millions !

Ces interventions étatiques conduisent à une distorsion de la concurrence : chaque franc qui sert à réduire les coûts de livraison des journaux sur abonnement rend la situation plus difficile pour les autres modèles existants. Pourquoi les journaux gratuits comme « 20 Minutes » ou les hebdomadaires livrés gratuitement ne reçoivent-ils pas de subventions ? Pourquoi les journaux sur abonnement seraient-il meilleurs journalistiquement que les publications gratuites financées par les recettes publicitaires ?

Une perception erronée et dangereuse

Le paquet de subventions aux médias cultive une fausse perception du paysage médiatique. Les offres financées ou subventionnées par l’État sont considérées comme étant de meilleure qualité, tandis que les initiatives privées sont rejetées pour des raisons commerciales – et donc de qualité soi-disant inférieure. Grâce à ces motifs pour le moins discutables, de plus en plus de subventions sont accordées et de plus en plus de domaines sont réglementés.

Avec des subventions à l’échelle nationale, il n’y aura bientôt plus de médias qui ne reçoivent pas d’argent de l’État. Tout sera financé par ce dernier. Aux subventions indirectes à la presse s’ajoutent les quotes-parts des stations de radio et de télévision privées (aujourd’hui 81 millions de francs) et les subventions aux agences de presse. Tout cela devrait être augmenté d’une bonne cinquantaine de millions de francs. Parallèlement, nous passons aux subventions directes des médias et à la régulation ainsi qu’au financement du secteur en ligne (30 millions de francs). Avec ces subventions, nous créons des entreprises qui ne sont pas viables et qui ne pourront jamais voler de leurs propres ailes.

Bientôt le « Stempel » de l’État ?

Les conséquences de ces structures de subventions ont été récemment exposées par le professeur Otfried Jarren, président de la Commission fédérale des médias. Il appelle à une certification des médias qui sont dignes d’être soutenus et qui font un bon travail journalistique. L’État devrait donc déterminer qui travaille bien et qui reçoit des subventions. Pour le client, un tel « label de qualité » serait utile – comme dans l’agriculture ou la science.

L’UDCVR ne veut pas que des fonctionnaires à Berne décident à l’avenir quels sont les bons et les mauvais médias. Pour éviter une telle dérive, signons et faisons signer autour de nous le référendum dont le formulaire de signature peut être téléchargé par le lien https://medias-controles-non.ch !