Le Conseil d’Etat Valaisan a annoncé hier de nouvelles mesures pour combattre l’augmentation des cas positifs au coronavirus qui parait frapper notre canton.

Si il est louable pour le gouvernement de réagir à ce qui apparaît être un changement de situation, on ne peut s’empêcher de penser que ces mesures sont prises dans la précipitation, et pas toujours sur une base scientifique claire.

De l’aveu même des autorités sanitaires, il est difficile de comparer le nombre de cas diagnostiqués actuellement avec ceux du mois de mars. Les méthodes de test ont changé, leur disponibilité aussi, ainsi que les pratiques. Pour rappel, il y’a quelques mois, on ne testait pas forcément les jeunes en bonne santé.

Reste les hospitalisations, et les décès. Au niveau Suisse et dans notre canton, l’immense majorité des décès concerne les + de 80 ans. Même chose pour les hospitalisations, où le groupe d’âge le plus touché concerne aussi les + de 80 ans (source : https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/mt/k-und-i/aktuelle-ausbrueche-pandemien/2019-nCoV/covid-19-woechentlicher-lagebericht.pdf.download.pdf/OFSP_COVID-19_rapport_hebdomadaire.pdf)

Il est dès lors incompréhensible, pour l’UDCVR, qu’on prenne des mesures liberticides concernant l’ensemble de la population, alors que ce sont avant tout les personnes âgées et malades qui doivent bénéficier d’une protection renforcée et sur lesquelles devraient se concentrer nos efforts.

Certaines des mesures donnent l’impression d’avoir été décidée dans l’optique de montrer que quelque chose est fait, mais sans réels égards à leur pertinence médicale ou scientifique. On peut penser par exemple :

– A la fermeture des restaurants à 22h : Dans les heures qui ont suivi, nombre de restaurants ont annoncé commencer le service du soir 1h plus tôt, et offrir une cuisine non-stop. La plupart fermait déjà avant proche des 23h, aussi par manque de clients, on peine à imaginer ce que cela changera.

– Idem pour les bars : Les fêtes privées causeront potentiellement plus de dégâts.

– Fermeture des fitness : Avons-nous réellement un nombre de cas de contaminations identifiés suite à la présence dans les fitness ? Pourquoi ne pas avoir aussi limité à 10 personnes et renforcé les mesures de désinfection ? Même chose pour les églises.

– Appel du Gouvernement à la délation des voisins : Le Conseil d’Etat l’a dit, la police ne peut pas être partout, elle compte donc sur la population pour surveiller, et donc dénoncer, les contrevenants : Est-ce vraiment le genre de société dans laquelle nous souhaitons vivre ? Faut-il, qu’à la moindre crise, de « gentils » élus centristes se transforment en agent de la Stasi ?

Si l’épidémie nous apprend une chose, c’est que l’immunité de groupe apparaît fonctionner. Dans le monde, seuls 5 cas de réinfection probables ont été identifiés à ce jour
(Sources : https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(20)30783-0/fulltext
https://www.letemps.ch/sciences/covid19-rares-cas-reinfection-posent-une-multitude-questions )

Une goutte d’eau dans l’océan des plus de 38 millions de cas positifs.

Dès lors, ne serait-il pas plus raisonnable de changer de stratégie, protéger les plus vulnérables efficacement, maximiser le télétravail pour réduire les mouvements de population, et laisser se construire une immunité collective pour les autres et renforcer à nouveau les capacités hospitalières au cas où ?

Finalement, nous ne devons plus accepter que se développe, sans débat, un nouvel ordre juridique qui s’exercerait sans contrôle Parlementaire. L’UDCVR demande que le Parlement, et ses commissions, continuent de siéger, au besoin via des outils de vidéo-conférence. Nous demandons aussi que les mesures décidées par le Conseil d’Etat soient soumises à l’approbation du Parlement, suite à une présentation scientifique des faits, avec l’opportunité d’un débat et une décision, collectivement assumée. Alors que lorsque le Conseil fédéral décide de mesures, il les concrétise dans des ordonnances, le Conseil d’Etat valaisan, lui, procède par… communiqués de presse. Un tel procédé ne manque pas d’inquiéter dans un Etat de droit et ne fait qu’alimenter les doutes que d’aucuns nourrissent au sujet d’une forme de dictature sanitaire qui s’est abattue sur notre pays.

Chaque vie est précieuse. Celle des malades, mais aussi celles de tous ceux qui voient leur vie s’effondrer sous leurs yeux à cause des conséquences économiques et sociétales de la crise.