J’ouvre mon journal et que vois-je ? Une fois de plusles moralisateurs de la cause animale sont de sortie et comme par hasard la semaine de la finale nationale de la race d’Hérens. Une période pourtant importante pour nos paysans qui œuvrent avec passion à la préservation de nos traditions et d’une race régionale importante pour la diversité bovine dans notre pays.

Ce weekend, ce n’est pas la cruauté animale qui sera mise en valeur mais bien au contraire un savoir-faire ancestral de nos agriculteurs. C’est le travail d’une vie, c’est l’histoire d’une relation forte entre l’homme et l’animal. Qui donc de cette obscure organisation a déjà travaillé dans un alpage ? Qu’on ne se fasse pas avoir par ces bons prêcheurs de haine. Je vais vous dire ce que j’ai vu moi depuis ma plus tendre enfance :

J’ai vu des éleveurs passionnés, des hommes et des femmes qui ne comptent pas leurs heures, qui refusent les vacances qui dorment la nuit, proches de leurs bêtes quand ces dernières doivent mettre bas ! J’ai vu des enfants les yeux pleins d’émotions quand ils parlent de « leur vache », des familles en larmes dans la victoire comme dans la défaite lors de ces matchs de Reines. J’ai vu dans nos vallées, nos plaines, nos montagnes et nos campagnes, des travailleurs de la terre qui font grandir, évoluer et progresser une race, véritable icône de notre canton. Voilà ce que j’ai vu, quand j’ai posé mon regard sur ces hommes.

J’ai vu une race fière et avec du caractère, un animal qui a su prendre sa place dans un monde globalisé et sans cesse en évolution. J’ai vu une bête tantôt rebelle tantôt câline face à celles et ceux à qui elle doit tout. J’ai vu l’animal devenir parfois, dans des moments de complicité, un membre à part entière de la famille qui s’en occupe.

Je pourrais en écrire encore des pages entières tant ma plume tremble de colère face aux lignes que je vois défiler sous l’article de PETA. Je repense à mon grand-père, aux heures qu’il passait au travail, à la force de son regard quand il parlait de « ses bêtes », à son corps meurtri par les années de labeur et à sa passion toujours intacte au moment de nous quitter. Je ne peux accepter que de tels propos puissent propager une image malhonnête, injuste et outrancière de nos éleveurs. J’invite ces bien-pensants à travailler une journée auprès de l’un de nos paysans qu’ils puissent apprendre la dureté et la passion. J’invite aussi nos autorités à ne pas céder face à ces individus et à réaffirmer dès à présent notre attachement au monde agricole. Enfin je vous invite nombreux à venir ce weekend dans les arènes d’Aproz pour faire taire ces gens. Soyons unis, forts et plus nombreux que jamais à défendre nos agriculteurs, mais aussi nos Reines, puisque les combats, qui sont la résultante de leur comportement NATUREL, participent à l’attractivité de cette race autochtone et permettent de la maintenir, faute de quoi elle disparaitrait, remplacée par des races plus « rentables ». Est-ce cela que veux vraiment PETA ?

Kevin Pellouchoud
Vice-président de l’UDC VR