Quelle semaine passionnante nous venons de vivre ! L’été et sa canicule chauffent visiblement les esprits au point que les médias abusent du buzz dans un match de ping-pong savamment orchestré avec les milieux politiques, associatifs et culturels. Bref, mon attention a retenu quelques bribes de ces polémiques pour me donner l’envie et le temps de rédiger quelques lignes.

Premier épisode de cette série, la volonté des jeunesses socialistes de faire interdire et bloquer une chanson dont on peut en effet se demander si les paroles sont d’un bon goût… J’avoue que la polémique n’a pas totalement franchi la Sarine et qu’elle est restée bien coincée du côté alémanique du Röstigraben. Mais bon, si nous devions interdire tous les livres, chants, affiches, dessins qui comportent du mauvais goût, nous n’aurions pas fini d’interdire. Tiens donc, ne serait-ce pas ce même milieu de la gauche post mai 68 qui disait qu’il est interdit d’interdire ? Je vous laisse y songer. Après tout, ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ?

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Deuxième épisode, lui aussi dans la presse alémanique, le logo de l’UBS et d’autres institutions avec le magnifique logo arc-en-ciel des mouvements LGBTI … J’avoue que cette mode du logo qui change au fil des mouvements sociaux est un univers qui me surprendra toujours. Signe de soutien, signe d’exclusion ? Que doit comprendre un client de l’UBS ? Si je ne suis pas gay ou lesbienne, je ne serai pas le bienvenu ? Bref là aussi cette tendance à réorganiser la société pour imposer un nouveau code couleur à nos villes et institutions me parait bien originale. J’aimerais voir le logo de l’UBS aux couleurs du drapeau Afghan en hommages aux femmes persécutées, humiliées, battues par les talibans. J’aimerais voir le logo de l’UBS aux couleurs des chrétiens d’Orient qui sont massacrés jour après jour. J’aimerais voir le logo de l’UBS aux couleurs de ces pays africains ou la famine sévit et où des enfants meurent dans les bras impuissants de leurs parents. J’aurais encore mille exemples, mais dans l’ordre des priorités de nos amis des banques, le destin d’un enfant africain ou d’une femme afghane est sans doute moins important que son logo arc-en-ciel.

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Troisième et dernier épisode, l’interdiction d’un concert de reggae dont les musiciens étaient blancs. Quand j’ai lu cela j’ai vraiment cru que nous étions un 1er avril, sans doute un coup de chaleur de cette satanée canicule. Et pourtant, cela était bien réel ! les censeurs de la bien-pensance l’ont dit : il faut être de couleur noir pour jouer du reggae, c’est un fait indéniable et non contestable. Blague à part, les mêmes moralisateurs qui crient au scandale dès qu’ils observent du racisme partout à chaque coin de rue, sont aujourd’hui les racistes eux-mêmes en imposant des codes, des clichés et des stéréotypes a une culture musicale. On se réjouit que ces gens soient aux commandes du monde… Ils nous expliqueront clairement ce qu’un blanc peut et ne peut pas faire, ce qu’une personne de couleur peut ou ne peut pas faire. Déjà que les écologistes genevois nous expliquaient ce que nous pouvions manger ou non, nous voilà rassurés, nous n’avons plus besoin de penser, ils pensent pour nous.

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Bon je vous laisse, je vais manquer mon rendez-vous avec la star de l’été : la canicule. Bel été et bonne méditation. Ah oui, et n’oubliez pas : rire c’est bon pour la santé, alors ne vous prenez pas la tête !

Kevin Pellouchoud,
Vice-président de l’UDCVR