Suite aux annonces effectuées par le Conseil d’Etat, L’UDCVR s’est adressée au chef du département de l’économie et de la formation afin de connaître les motivations qui poussent le canton à fixer des mesures qui nous paraissent disproportionnées, tant vis à vis du respect des libertés et du secret médical, qu’en terme de pertinence médicale. :

Monsieur le Chef du Département de l’économie et de la formation,

Selon le communiqué pour les médias du 10 août dernier, “Rentrée scolaire 2021-2022”, des tests salivaires répétitifs seront mis en place dès la rentrée scolaire au sein des cycles d’orientation valaisans. La même règle sera en outre appliquée aux classes de première année du collège. Les enseignants de tous les degrés et les étudiants et apprentis dès le Secondaire II vaccinés et/ou guéris depuis moins de six mois seront dispensés du port du masque, mais pas les autres.

Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous faire savoir si ces mesures ont été ordonnées sur la base de décisions motivées, susceptibles de recours et publiées, auquel cas vous voudrez bien nous les transmettre. Faute de décision publiée, nous vous prions de nous communiquer les bases légales sur lesquelles reposent de telles mesures.

S’agissant des tests salivaires, nous avons connaissance d’un formulaire-type envoyé ces jours aux parents d’élèves qui suivent le cycle d’orientation. Dans ce formulaire, intitulé “Formulaire de consentement pour les tests répétitifs dans le cycle d’orientation de X”, il est indiqué que les enfants qui ne participent pas aux tests répétitifs devront porter le masque dans l’établissement, y compris en classe, et dans les transports scolaires. Ceux qui ont un certificat COVID seront cependant dispensés de tests et de masque.

Nous nous faisons en outre les porte-paroles, ci-après, des interrogations de nombre de parents et de citoyens.

Ainsi, sachant (notamment par des communications officielles de l’OFSP) que la vaccination contre le COVID-19 n’évite pas la propagation du virus, comment justifie-t-on une telle discrimination entre les élèves vaccinés et les non-vaccinés ? Pourquoi en outre appliquer de telles mesures, sachant que la mortalité en raison du COVID-19 des enfants entre 0 et 19 ans est quasi nulle et que ceux-ci ne développent que très rarement des formes graves ?  Sachant qu’en parallèle, les personnes à risque ont été largement vaccinées (de sorte que selon les informations officielles elles ne devraient pas développer de formes graves), nous peinons à comprendre l’objectif de telles mesures. Il en va de même pour le régime dispensant du port du masque et de quarantaine les enseignants de tous les degrés et les étudiants et apprentis dès le Secondaire II vaccinés (cf. communiqué aux médias susmentionné), alors que ceux-ci peuvent encore être contagieux. Enfin, l’Etat du Valais est-il bien sûr que la révélation d’un élément de nature médicale en vue d’opérer une discrimination est conforme aux exigences du secret médical et de la protection des données aussi bien que de la sphère privée, voire intime ?

Au vu de l’intérêt public que le contenu de la présente écriture nous semble présenter, nous nous permettrons de le rendre celle-ci publique.

Nous vous remercions pour votre compréhension sur ce point et dans l’attente de vos réponses, vous prions d’agréer, Monsieur le Chef du Département de l’économie et de la formation, nos salutations respectueuses.

Pour l’UDCVR,
Cyrille Fauchère, Président
Jérôme Desmeules, Secrétaire général