Sous ce titre, notre Conseiller national Jean-Luc Addor a déposé le 6 mai dernier une motion qui demande au Conseil fédéral de lever immédiatement l’interdiction de célébrer des offices religieux.

Voici en quels termes il a motivé cette intervention :

En l’état, le Conseil fédéral ne prévoit pas que des offices religieux puissent être célébrés avant le 8 juin. En revanche, les musées, bibliothèques et archives seront ouverts ou autorisés le 11 mai, de même que les entraînements sportifs à certaines conditions.

Pourtant, même durant les guerres, même durant les grandes épidémies, la Suisse en tout cas n’avait jamais connu de telles restrictions à la pratique religieuse.

Or, pour les Suisses pratiquant une religion, la pratique de celle-ci est un élément essentiel de leur vie. Ils ne peuvent concevoir d’y renoncer comme on peut le faire de quelque loisir qui pourrait paraître superflu. Pour les catholiques par exemple, assister à la messe, recevoir les sacrements, entre autres, c’est, plus encore qu’un droit, un devoir. Les croyants, toutes religions et confessions confondues, qui ont vécu un deuil ont vécu très douloureusement l’impossibilité dans laquelle les mesures prises au nom de la lutte contre la pandémie de COVID-19 les ont placés de prendre congé convenablement de leurs parents ou de leurs proches décédés. Or, que devient une civilisation qui n’honore plus ses morts ?

Nul ne souhaite évidemment exposer les fidèles à une éventuelle contagion. La taille des lieux de culte permet toutefois de prendre les dispositions nécessaires pour respecter les consignes sanitaires (distance entre les chaises, répartition des fidèles). Ceux-ci, en effet, ne sont pas moins que les autres citoyens, responsables et dignes de confiance.

Au vu de la régression de la pandémie en Suisse, le maintien de l’interdiction des offices religieux jusqu’au 8 juin 2020 (après les grandes fêtes chrétiennes de l’Ascension et de la Pentecôte), est ainsi vécue comme une atteinte disproportionnée à la liberté religieuse autant que comme une forme d’inégalité de traitement par rapport à d’autres activités économiques ou sociales aujourd’hui libres ou qui le redeviendront le 11 mai.

A ce jour, le Conseil fédéral n’a toujours pas répondu à cette motion. Et nos églises demeurent fermées…

Pourtant, hier 18 mai, le Conseil d’Etat français, la plus haute juridiction administrative du pays, a ordonné au Gouvernement français de lever l’interdiction générale et absolue des célébrations dans les lieux de culte, liée au coronavirus. Le motif ? Cette interdiction « présente un caractère disproportionné au regard de l’objectif de préservation de la santé publique et constitue ainsi, eu égard au caractère essentiel cette composante de la liberté de culte, une atteinte grave et manifestement illégale à cette dernière » https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/rassemblements-dans-les-lieux-de-culte-le-conseil-d-etat-ordonne-au-premier-ministre-de-prendre-des-mesures-moins-contraignantes.

Les principes fondamentaux, qui ne sont rien d’autre que ceux d’une civilisation qui nous est commune, la civilisation chrétienne, ne varient pas tant d’un pays européen à l’autre. Pourquoi donc ce qui vaut en France depuis hier ne vaudrait-il pas chez nous aussi, alors que nous sommes presque à la veille de l’Ascension.

Pour éviter que perdure cette interdiction que nous jugeons contraire à notre Constitution et à nos traditions, l’UDC exige que le Conseil fédéral, dans sa séance de demain, plutôt que de répondre par de la littérature à la motion Addor, le fasse par actes concluants et lève immédiatement cette interdiction qui devient scandaleuse, de manière que les chrétiens de ce pays puissent à nouveau se réunir, sans doute en imposant le respect des consignes sanitaires, pour célébrer l’Ascension. Elle encourage en outre les églises de ce Pays à engager toutes procédures utiles à faire constater l’inconstitutionnalité de cette interdiction.

UDC du Valais romand
Cyrille Fauchère, député et conseiller municipal, président
Jean-Luc Addor, conseiller national, vice-président