Avec les conseillers nationaux Mathias Reynard, Christophe Clivaz et Sidney Kamerzin, ainsi que le député Stéphane Ganzer, notre conseiller national Jean-Luc Addor a signé une lettre ouverte adressée au Conseil d’Etat pour demander l’arrêt des chantiers pour tous les travaux qui posent problème au regard des consignes de l’Office fédéral de la santé publique dans le cadre de la lute contre la pandémie du COVID-19.

Voici le contenu de cet écrit :

Monsieur le Président,
Madame et Messieurs les Conseillers d’Etat du Canton du Valais,

Comme élus valaisans des différents principaux partis du canton, nous vous écrivons pour vous faire part de notre inquiétude quant à la situation sur les chantiers en ce moment, en lien avec la pandémie de coronavirus qui frappe durement notre région.

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a élaboré des prescriptions claires pour protéger la population et éviter la propagation du virus. Or, ces prescriptions ne peuvent tout simplement pas être respectées pour de nombreux corps de métier et de nombreux travaux sur les chantiers (on pense notamment au gros œuvre). Cela nous est confirmé par des dizaines de constats d’infractions à ces prescriptions sur des chantiers dans l’ensemble du canton, mais aussi par des échos issus de la base tant ouvrière que patronale. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, mais bien d’impossibilité de mettre en œuvre ces consignes pour certains travaux.

Les travailleurs autant que les entrepreneurs ne comprennent pas – et c’est bien normal ! – le fossé qui existe entre les consignes très strictes qui régissent leurs vies privées et la réalité sur leur lieu de travail.
Cette situation les met en danger, ainsi que leurs familles, de façon irresponsable, en pleine phase aiguë de la pandémie.

D’autres cantons très touchés par le coronavirus ont déjà pris des mesures pour faire cesser l’activité sur la plupart des chantiers. L’accès au chômage partiel est garanti lorsqu’une activité ne peut pas respecter les prescriptions de l’OFSP. Une décision du canton est un signal essentiel, attendu tant par les ouvriers que par de nombreux employeurs.

Nous demandons donc au Conseil d’Etat valaisan d’agir immédiatement pour protéger les personnes engagées sur les chantiers et leurs familles. En principe, pour mettre un terme au flou, pour ne pas dire à une forme d’hypocrisie actuelle, les chantiers, pour tous les travaux qui posent problème, doivent être arrêtés, pour une durée à déterminer. Il s’agit ensuite de trouver des solutions flexibles et de bon sens qui permettent la poursuite des travaux socialement essentiels, ainsi que de tous ceux où l’entreprise peut prouver qu’elle peut se conformer aux prescriptions de l’OFSP. Pour une solution efficace et rapide, des contrôles doivent évidemment être mis en place. Il est d’ailleurs clair que l’administration cantonale doit renforcer les contrôles et ne pas s’appuyer que sur un unique inspecteur de la Suva pour le contrôle de l’ensemble des chantiers valaisans.

Parallèlement à cette démarche, nous nous engageons – au sein de nos partis respectifs – pour que le Conseil fédéral laisse ou redonne aux cantons une marge de manœuvre suffisante pour prendre, s’ils le jugent nécessaire, des mesures plus soutenues de lutte contre la pandémie, par exemple dans des secteurs comme la construction. Car nous voulons éviter la cacophonie fâcheuse à laquelle nous avons assisté lorsque la Confédération a prétendu que certaines mesures cantonales seraient contraires au droit fédéral. Nous savons aussi que dans l’intérêt de leur personnel, les employeurs, en ces temps incertains, attendent de la clarté plutôt qu’un surcroît d’incertitude.

En vous remerciant d’avance pour l’attention portée à ce courrier et pour le respect que vous porterez aux salariés de la construction et à leurs familles, nous vous adressons nos plus cordiales salutations.