Mercosur : le Valais connaît déjà la fin du film
L’UDC du Valais romand soutient le référendum contre l’accord de libre-échange entre l’AELE et le Mercosur. Le Valais sait ce que coûte une ouverture des frontières décidée sans égard pour ceux qui produisent : cette année, l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais a renoncé à fixer un prix indicatif du raisin, une décision sans précédent, face à un marché « inondé par des vins étrangers vendus en dessous des coûts de production ». L’accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay ajouterait 50’000 hectolitres de vin rouge sans droits de douane, 3’000 tonnes de bœuf et 2’000 tonnes de miel. L’UDC du Valais romand appelle à signer le référendum.
50’000 hectolitres de vin rouge sans droits de douane | 3’000 tonnes de bœuf sans droits de douane | 2’000 tonnes de miel sans droits de douane |
Le vin, un avertissement
Le Valais est le premier vignoble de Suisse : 4’578 hectares, près d’un tiers de la surface viticole du pays, et plus de 18’000 Valaisans propriétaires de vignes. Il traverse une crise profonde. En 2025, le rendement brut de la viticulture valaisanne est tombé à 110 millions de francs, 28 % sous la moyenne des dix dernières années, et le prix moyen du raisin a reculé de 12,6 %. Les stocks de vins AOC valaisans atteignent 536’853 hectolitres, près de deux années de consommation. La Confédération et le canton financent désormais l’arrachage de vignes, et les vins suisses ne représentent plus qu’à peine plus d’un tiers du vin bu dans le pays.
Ce n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques. Mathias Delaloye, vice-président de l’UDC du Valais romand et président de la Chambre valaisanne d’agriculture, le rappelait en décembre dernier : « Si la viticulture suisse est en crise, c’est bel et bien pour des questions politiques. […] En 1992, on a décidé d’importer 170 millions de litres de vin. » Et l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais le dit sans détour : alors que nos vignerons limitent leurs traitements phytosanitaires et protègent la biodiversité de leurs coteaux, une partie des vins qui leur font concurrence « vient de systèmes de production où ces exigences environnementales et sociales n’existent tout simplement pas. Cette asymétrie ne peut plus durer. »
Le Mercosur en rajoute
Au lieu d’en tirer les leçons, l’accord avec le Mercosur ouvre une nouvelle brèche. Il accorde un contingent de 50’000 hectolitres de vin rouge sans droits de douane, soit plus de trois fois ce que la Suisse a importé de vin rouge argentin en 2025. Ce contingent passera automatiquement à 55’000 hectolitres si les importations atteignent en moyenne 45’000 hectolitres trois années de suite. Selon le Conseil fédéral lui-même, une bouteille de rouge argentin coûtera 60 à 75 centimes de moins. S’y ajoutent 1’500 tonnes de raisins à presser, elles aussi en franchise de douane.
Après les vignerons, les éleveurs
Ce que vivent nos vignerons, nos éleveurs le vivraient demain. L’accord ouvre 3’000 tonnes de bœuf, 1’000 tonnes de volaille, 200 tonnes d’agneau et 2’000 tonnes de miel sans droits de douane, en plus d’un accès en franchise dans les contingents de l’OMC pour la viande, les produits laitiers, les fruits et les légumes. Le Conseil fédéral l’admet : certaines concessions « vont au-delà du niveau des ALE antérieurs ».
Or l’agriculture valaisanne est une agriculture de montagne : 71 % de nos exploitations sont situées en zone de montagne, contre 41 % en Suisse, et elles sont en moyenne un tiers plus petites. Le Valais en a perdu 116 en une seule année, soit 4,6 %, près de trois fois plus vite que la moyenne suisse. Ce sont ces familles, l’élevage de la race d’Hérens et nos alpages que l’on fragiliserait encore.
Deux poids, deux mesures
Nos paysans respectent des exigences parmi les plus strictes du monde : prestations écologiques requises, protection des animaux, interdiction des antibiotiques comme stimulateurs de performance. Le cahier des charges de la Raclette du Valais AOP interdit l’ensilage et les aliments OGM. Mais le Conseil fédéral le reconnaît : « La Suisse ne peut pas imposer ses propres méthodes et normes de production à ses partenaires commerciaux. » On exige tout de nos producteurs, sans pouvoir rien exiger de la manière dont produisent leurs concurrents. C’est exactement l’asymétrie que dénoncent déjà nos vignerons.
Des garanties qui ne pèsent pas lourd
La clause de sauvegarde est limitée à deux ans, trois au maximum, et ne pourra en principe plus être activée après douze ans. Après trois ans déjà, l’accord prévoit que des négociations puissent s’ouvrir sur « une éventuelle amélioration des conditions d’accès aux marchés ». Quant aux 517 millions de francs votés par le Parlement pour accompagner l’accord, 480 millions sont des crédits d’investissement, c’est-à-dire des prêts que les paysans devront rembourser. On ne compense pas une concurrence déloyale avec des dettes.
« Le Valais a payé pour apprendre. Quand on ouvre les frontières sans protéger ceux qui produisent, ce sont nos familles paysannes qui trinquent. Ce que les importations ont fait à nos vignes, nous ne les laisserons pas le faire à nos étables. »
Mathias Delaloye, député UDC et président de la chambre valaisanne d’agriculture
Oui au commerce, non au sacrifice de l’agriculture
L’UDC défend le libre-échange, qui ouvre des marchés à nos entreprises. Mais pas au prix de notre agriculture et de notre souveraineté alimentaire. En 2017, les Valaisans ont approuvé à 84,3 % l’article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, qui demande des relations commerciales « qui contribuent au développement durable de l’agriculture ». Même l’Union suisse des paysans le reconnaît : « Considéré isolément, l’accord ne présente pas un bilan positif d’un point de vue agricole ». À Berne, notre conseiller national Jean-Luc Addor a voté non, comme sept autres élus UDC romands. Et selon un sondage LeeWas publié le 30 septembre, 56 % des sympathisants UDC rejettent l’accord.
« J’ai voté non à Berne parce qu’on ne peut pas exiger de nos paysans les normes les plus strictes du monde et leur imposer en même temps la concurrence de produits qui n’y sont pas soumis. »
Jean-Luc Addor, conseiller national
Signer d’ici au 21 janvier 2027
Le référendum a été lancé le 13 octobre par une alliance d’organisations, dont Uniterre et l’Association des petits paysans. L’UDC du Valais romand mènera campagne avec ses propres arguments : la défense de nos paysans, de nos vignerons et de notre souveraineté alimentaire. Elle appelle les Valaisannes et les Valaisans à signer le référendum sans attendre : 50’000 signatures doivent être réunies d’ici au 21 janvier 2027. Les feuilles de signatures sont disponibles sur www.udc-valais.ch.
| Télécharger le formulaire (PDF) |
Donald Moos, président de l’UDC du Valais romand
Jérôme Desmeules, secrétaire général
