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Guy Parmelin se retire : la Suisse salue un homme d’État, le Valais remercie un ami

Le président de la Confédération Guy Parmelin a annoncé ce vendredi qu’il quittera le Conseil fédéral le 31 décembre, après onze ans au gouvernement. L’UDC du Valais romand salue avec émotion et reconnaissance le vigneron de Bursins, premier conseiller fédéral UDC de Suisse romande : un homme de la terre qui, dans l’heure la plus sombre de notre canton, s’est tenu à nos côtés.

De la vigne de Bursins à la présidence de la Confédération

Guy Parmelin est né le 9 novembre 1959 à Bursins, sur La Côte vaudoise, dans une famille de vignerons. Sa maturité en poche, il choisit la terre : apprentissage agricole, une année dans une ferme de Suisse alémanique, école d’agriculture de Marcelin, puis maîtrise fédérale en 1985. Pendant trente ans, il exploite le domaine familial, avec son père puis avec son frère Christophe.

Il entre en politique par la porte de son village. Président du Conseil général de Bursins dès 1993, il siège au Grand Conseil vaudois de 1994 à 2003, préside l’UDC Vaud de 2000 à 2004, puis rejoint le Conseil national en 2003.

Le 9 décembre 2015, l’Assemblée fédérale l’élit au troisième tour, par 138 voix. Pour la première fois de son histoire, l’UDC compte un conseiller fédéral romand. Chef de la Défense de 2016 à 2018, puis de l’Économie, de la formation et de la recherche, il aura présidé deux fois la Confédération, en 2021 et en 2026.

À ses débuts, certains ont souri de son anglais. Il a répondu par le travail. En décembre 2025, le Parlement l’a porté à la présidence par 203 voix, le meilleur résultat de ce siècle pour une telle élection.

Le bon sens de ceux qui travaillent la terre

Guy Parmelin n’a jamais gouverné depuis une tour d’ivoire. Il sait ce que valent une récolte, une parole donnée et un franc durement gagné. Ce bon sens, il l’a mis au service du pays.

En 2021, président en pleine pandémie, il a su trouver les mots simples qui rassurent. La même année, sous sa présidence, le Conseil fédéral a eu le courage de mettre fin aux négociations sur l’accord-cadre avec l’Union européenne.

En 2025, quand Washington a frappé la Suisse d’une surtaxe de 39 %, il a traversé trois fois l’Atlantique pour la ramener à 15 %. Le dossier n’est pas clos, mais nos entreprises exportatrices savent ce qu’elles lui doivent.

Ministre de l’agriculture, il parle aux paysans leur langue, parce que c’est la sienne. Ministre de la formation, il n’a cessé de défendre l’apprentissage, cette voie qu’il avait lui-même choisie.

Ce que le Valais lui doit

Le Valais agricole et viticole a trouvé en lui un interlocuteur qui connaît le métier. En 2020, la réforme d’Agroscope qu’il a conduite a pérennisé le centre de recherche de Conthey. Une station d’essais en viticulture et en œnologie a ensuite vu le jour avec l’État du Valais et Vitival.

Pendant la pandémie, le chômage partiel géré par son département a permis à nos hôtels, nos restaurants, nos remontées mécaniques et nos PME de garder leur personnel. À l’automne 2024, il était à la Foire du Valais pour débattre de la transparence des prix, du producteur au consommateur.

Quand notre vignoble a plongé dans une crise historique, il n’a pas détourné le regard. La Confédération cofinance avec le canton l’arrachage volontaire. Surtout, il a porté une mesure soutenue par les vignerons : réserver les contingents d’importation à ceux qui achètent du raisin suisse.

Jeudi soir, à Berne, il a annoncé lui-même à la branche que le Conseil fédéral y renonçait, faute de majorité. Les grands importateurs, Coop et Denner en tête, et presque toute la Suisse alémanique s’y sont opposés. Nous regrettons cette décision et nous partageons la déception des vignerons valaisans. Mais cette mesure, c’est lui qui l’avait mise sur la table.

Le conseiller d’État Christophe Darbellay l’accuse d’avoir « sacrifié la viticulture suisse sur l’autel du libre-échange et du Mercosur ». Les procès-verbaux du Parlement disent autre chose. En 2009, quand le Parlement a ouvert unilatéralement le marché suisse aux produits européens selon le principe du « Cassis de Dijon », le conseiller national Guy Parmelin a voté non, et le conseiller national Christophe Darbellay a voté oui. Quant à l’accord avec le Mercosur, le groupe du Centre l’a approuvé au Conseil national sans une seule voix contre, le 16 septembre comme ce matin en vote final.

Guy Parmelin n’a jamais promis de miracle : il a dit la vérité aux vignerons, comme on se la dit entre gens du métier. Le combat pour la vigne suisse n’est pas fini. Nous attendons de son successeur qu’il le reprenne.

Janvier 2026 : il était là

Le 1er janvier 2026, premier jour de sa présidence, le Valais s’est réveillé dans le deuil. L’après-midi même, Guy Parmelin était à Crans-Montana, puis à Sion, aux côtés de nos autorités.

Le 9 janvier, à Martigny, lors de la journée de deuil national, il a trouvé les mots justes : la Suisse, a-t-il dit, était devenue « une seule et même famille d’affligés ». En mars, à Sion, il a pris le temps d’écouter plus de cent victimes et proches.

Ces jours-là, il n’y avait plus de Vaudois ni de Valaisans, plus de partis ni de fonctions. Il y avait un président qui portait la peine d’un canton. Le Valais ne l’oubliera pas.

Un ami de la maison

Pour l’UDC du Valais romand, Guy Parmelin est aussi un ami de la maison. En 2016, l’année de son entrée au gouvernement, il était à Saxon pour notre fête cantonale. Il y décrivait le Valais comme « un canton béni des dieux ».

En juin 2019, à Savièse, il soufflait avec nous les vingt bougies du parti. Il en est reparti avec une génisse baptisée Allégresse, cadeau de l’éleveur David Luyet. Il avait alors rappelé que, « dans une autre vie », il avait eu du bétail, et qu’il ne s’en était pas séparé sans un pincement au cœur.

Tout l’homme est là : un conseiller fédéral qui reçoit une génisse comme d’autres une décoration.

Le hasard veut que son annonce tombe le jour où s’ouvre, à Martigny, la 66e Foire du Valais, dans ces mêmes halles où le pays s’était recueilli avec lui en janvier. Beaucoup d’entre nous y penseront en franchissant les portes.

Il dit vouloir laisser sa place « à des forces vives ». Il laisse surtout un exemple : on peut venir de la terre, parler simplement, écouter longtemps, et servir son pays au plus haut niveau sans cesser d’être soi-même.

Merci, Monsieur le Président. Merci, Guy. Les vignes de Bursins vous attendent. Le Valais, lui, vous gardera toujours une place à sa table.

Pour l’UDCVR,
Donald Moos, président
Jérôme Desmeules, secrétaire général et vice-chef de groupe UDC au Grand Conseil

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