Fiscalité des entreprises : le Grand Conseil ouvre la voie à une réforme attendue. Une victoire pour l’attractivité valaisanne.
Le Grand Conseil a accepté ce jour, par 71 voix contre 56, la motion de l’UDC déposée par le député Jérôme Desmeules, ainsi que celle déposée en parallèle par le PLR, demandant une révision de la fiscalité des personnes morales. Le Valais s’engage ainsi sur la voie d’une réforme attendue depuis longtemps, indispensable pour cesser d’être la lanterne rouge des cantons suisses en matière d’attractivité fiscale pour les PME.
Malgré l’opposition du Conseil d’État, qui proposait le rejet de la motion, le Parlement a tranché. Une majorité de députés a reconnu ce que l’UDC dénonce depuis des mois : sur l’indice officiel de l’Administration fédérale des finances, le Valais figure en dernière position des vingt-six cantons suisses. Le Conseil d’État lui-même reconnaît, dans sa propre réponse, que le canton compte « parmi les plus chers de Suisse en matière d’impôts sur le capital ».
« Nous ne serons jamais Zoug, et personne ne le demande. Mais entre être premier et être dernier, il y a vingt-cinq positions. Le Valais ne peut plus se contenter d’attendre que les statistiques fédérales rattrapent mécaniquement nos réformes passées. Il fallait un signal politique clair, et le Parlement vient de le donner », explique le député Jérôme Desmeules, auteur de la motion.
Une réforme au service des PME, des start-ups et de l’emploi qualifié
Concrètement, la motion charge le Conseil d’État d’élaborer un plan de réduction progressive des taux d’imposition des personnes morales, avec une attention particulière pour les PME et les start-ups. L’objectif est clair : ramener l’indice d’exploitation fiscal des personnes morales à un niveau plus proche de la moyenne suisse sur cinq ans, et soutenir l’innovation pour attirer en Valais des emplois à forte valeur ajoutée.
L’UDC tient à rappeler que cette réforme s’inscrit dans une logique de souveraineté économique cantonale. Aujourd’hui, une start-up valaisanne qui lève dix millions de francs auprès d’investisseurs paie chaque année plus de vingt mille francs d’impôt sur le capital, alors que la même entreprise, à Lausanne, à Genève, à Fribourg ou à Delémont, ne paie strictement rien. Tous les cantons romands ont introduit le mécanisme d’imputation de l’impôt sur le capital sur celui du bénéfice. Le Valais en est aujourd’hui la seule exception. Cette anomalie pénalise nos entreprises familiales, freine nos jeunes pousses et envoie un signal négatif aux investisseurs.
Une majorité claire, un alignement politique qui interroge
La majorité qui s’est dégagée en plénum réunit l’UDC, le PLR et le soutien des groupes du Haut-Valais, soucieux de l’avenir économique du canton. Aux côtés des partis de gauche, qui assument depuis longtemps leur opposition à toute baisse de la fiscalité des entreprises, le Centre s’est singularisé en refusant cette réforme, comme il avait déjà freiné, sur certains points, la révision de la fiscalité des personnes physiques.
L’UDC le regrette d’autant plus que ce même Centre soutient, vote après vote, l’élargissement des dépenses cantonales. Il y a là une équation que les Valaisans peinent à comprendre : ouvrir le robinet des dépenses, tout en refusant d’agir sur les conditions-cadres qui financent précisément ces dépenses, à savoir l’attractivité de notre tissu économique. Ce sont les PME, les artisans, les indépendants, l’épine dorsale du Valais, qui paient le prix de cette contradiction.
« Soutenir les PME et les start-ups, ce n’est pas un cadeau idéologique. C’est un investissement direct dans nos emplois, nos apprentis et nos recettes futures. Nous espérons que sur les prochains volets de cette réforme, chacun saura retrouver le chemin de la cohérence », souligne Jérôme Desmeules.
Un travail de fond sur la fiscalité valaisanne
Cette acceptation marque la deuxième avancée fiscale obtenue à l’initiative ou avec l’aide du député Jérôme Desmeules en l’espace de quelques mois. Il avait précédemment présidé les travaux de deuxième lecture de la révision de la fiscalité des personnes physiques, qui a abouti à une baisse d’impôts échelonnée sur trois ans, principalement au bénéfice de la classe moyenne valaisanne.
Avec la révision des personnes physiques d’un côté, et désormais celle des personnes morales de l’autre, le Valais se dote enfin d’une politique fiscale cohérente, au service à la fois des familles, des entrepreneurs et de l’emploi local. C’est exactement ce que les Valaisannes et les Valaisans attendent : un canton qui agit, qui protège son tissu économique et qui crée les conditions du retour au pays de ses jeunes formés.
Un cap pour la suite
L’UDC Valais romand salue ce vote courageux du Grand Conseil et appelle désormais le Conseil d’État à mettre en œuvre rapidement la motion, dans un esprit de pragmatisme et de responsabilité budgétaire. Le canton dispose de leviers ciblés et peu coûteux, notamment en matière d’imposition du capital, de soutien aux spin-offs des Hautes Écoles et d’incitations à la recherche et au développement, qui permettront d’améliorer significativement notre position dans les classements fiscaux sans déséquilibrer les finances publiques.
Le Valais a tous les atouts pour réussir : une qualité de vie exceptionnelle, des coûts immobiliers compétitifs, une main-d’œuvre formée et la présence de l’EPFL Valais-Wallis. Il ne nous manquait qu’un signal politique. Ce signal, le Grand Conseil vient de le donner.

